Istravel

Un manoir, des vampires, une école pour garçons au XIX° siècle.
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Un conte pour enfants [Jawan Evary]

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MessageSujet: Un conte pour enfants [Jawan Evary]   Lun 3 Mar - 1:42

Isleen était arrivé depuis peu de temps à ça nouvelle école et il s’y plaisait bien. C’était un endroit relativement calme et il avait même remarqué qu’il y avait une forêt à l’arrière du bâtiment. Peut-être n’était-ce pas une bonne idée d’y aller. Après tout, il ne voulait pas se perdre. Se promenant dans l’école, un livre à la main, il chercha un endroit tranquille où lire. Il chercha la bibliothèque, mais se trouvant dans un endroit relativement nouveau pour lui, il ne réussit pas à se rendre à destination. Par contre, il se retrouva à l’extérieur. Cela allait certainement lui prendre un certain temps avant de savoir où se trouvait quoi. Car pour l’instant, il était légèrement perdu dans ce nouvel environnement.

*Il va falloir que je m’habitue à cet endroit*

Pensa-t-il en soupirant. Observant les alentours, son regard émeraude se posa sur les arbres un peu plus loin. Ah et puis, pourquoi ne pas aller à la forêt ? Il y serait tranquille, non ? Il n’aurait qu’à ne pas s’y enfoncer trop et il ne se perdrait pas. Et voilà, c’était décidé. Marchant d’un bon pas vers la forêt, tenant son livre dans sa main droite, celle de libre frôla l’écorce des arbres lorsqu’il fut rendu à destination. Maintenant, il ne restait plus qu’à trouver une place éclairée et confortable. Avançant parmi les arbres de toutes sortes, rapidement il ne vit plus Istravel, mais il ne s’en préoccupa point. Il n’était pas si loin que cela et il n’avait fait qu’avancer, donc il n’aurait qu’à retourner sur ses pas.

Finalement, le jeune noble trouva l’endroit parfois. Une petite clairière. S’assoyant au sol même, s’adossant contre le tronc d’un arbre, il posa son livre sur ses jambes, fermant les yeux un instant. Il respira l’air ambiant dont le parfum de la nature enivrait. Un vrai délice, il s’en délectait déjà. Ouvrant les yeux, il regarda la couverture de l’ouvrage. Une rose et un trèfle à quatre feuilles y étaient représentés. Du bout des doigts, il frôla la fleur, puis il ouvrit le conte. Certes, il avait dépassé l’âge pour lire des contes pour enfants, mais il les avait toujours adorés. Des histoires remplies de magie, de monstres, d’amour, d’amitié et de pays lointains. Que demander de plus dans un récit ?


Citation:
Il était une fois dans un pays lointain, une jeune fille dont la beauté pouvait rivaliser contre n’importe quoi. Il n’y avait pas plus belle demoiselle. Les fleurs s’inclinaient et fleurissaient sur son passage. Elle n’était, cependant, pas qu’une jeune fille normale. Elle avait un don, celui de guérir n’importe quelle maladie. Dotée d’un grand cœur, elle aidait son prochain, guérissant les malades, ne faisant aucune discrimination. Seulement, un homme riche et sans vergogne entendu parler d’une guérisseuse à la beauté incomparable vivant dans une contrée voisine.


Levant les yeux du livre, il tendit l’oreille, étant certain d’avoir entendu quelque chose. Regardant les alentours, il ne voyait aucun signe de vie. Avait-il imaginé du bruit ? Peut-être. Peut-être aussi que c’était un animal qui était partit. Tout à coup, un écureuil sortit d’un buisson. Et bien voilà, maintenant le garçon à la chevelure argenté allait pouvoir continuer sa lecture, sachant que ce n’était qu’un écureuil.

*Cela doit encore être un animal*

Pensa-t-il en entendant un bruissement de feuilles. Et dire qu’il s’apprêtait à continuer de lire le conte. Même dans une forêt, il n’était pas tranquille. Peut-être aurait-il été mieux de rester dans le dortoir. L’atmosphère y aurait été certainement plus calme. À moins que ses colocataires n’y auraient été. Se disant que l’animal qui s’approchait, car il supposait que l'animal venait vers lui, n’allait pas l’attaquer, il reprit sa lecture là où il l’avait arrêté. Mais n’aurait-il pas été plus prudent d’attendre pour voir l’animal qui allait dans sa direction ? Non. Après tout, il ne devait pas y avoir d’animaux sauvages dans cette forêt. N’était-elle pas située sur le terrain d’une école ? L’administration aurait certainement pris des mesures de sécurité si des bêtes sauvages se trouvaient parmi les arbres, non ?

Bon d’accord, il commençait un peu à douter. En plus, le soleil n’était plus aussi haut dans le ciel. Il faisait encore jour, certes, l’éclairage c’était affaibli, mais il pouvait encore lire. Devait-il rentrer à l’établissement ? Non, il était venu ici pour avoir la paix et s’il rentrait, il était certain de ne pas l’avoir. Mieux valait rester encore un peu. Mais si un animal l’attaquait ? Oui bon, c’était peu probable, mais il y avait tout de même un certain pourcentage qui indiquait que cela pourrait arriver. Ayant fermé son livre, il se leva et prit la parole :


-Qui est là ?

Si c’était un animal, il ferait sûrement demi-tour. Enfin, l’adolescent l’espérait. De toute manière, étant maintenant debout, s’il se rendait compte qu’il avait un prédateur assoiffé de sang devant lui, il pourrait toujours prendre la fuite. Il n’était pas le meilleur à la course, mais il n’était pas le plus mauvais. Et puis, il n’aurait pas d’autre choix que de prendre la fuite. Rester immobile et essayer de combattre un animal sauvage était de la pure folie dans son cas. Pour certains, cela aurait pu être une possibilité, mais pas pour lui, à moins qu’il ne voulait mourir. Sa maladie ne lui permettait pas de se battre, puisqu’elle faisait en sorte qu’il était plus faible que la plupart du monde.
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Jawan Evary




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MessageSujet: Re: Un conte pour enfants [Jawan Evary]   Lun 3 Mar - 22:12

Trainner dans une foret alors que la nuit menaçait de tomber, à Istravel, c’était presque synonyme de suicide. Bien sur, Isleen ne pouvait pas se douter que c’était le lieu de rassemblement de plusieurs vampires… Mais les vampires, eux, connaissaient l’innocence de certains étudiants au manoir. Ce qu’ils savaient, également, c’était que la jeunesse aimait, par esprit « nature », esprit « solitaire », ou autre, se promener dans la forêt, or la forêt était le lieu approprié pour un repas : il n’y avait personne, c’était suffisamment éloigné du manoir pour ne pas ameuter d’autres humains, et surtout, les arbres étouffaient le peu de lumière qui sévissait encore à cette heure-ci –sauf dans la clairière, certes.

Mais Jaw n’était pas là en quête d’un repas, il était là pour être seul lui aussi, mais aussi parce que la forêt était le seul endroit extérieur où il pouvait rester longtemps durant la journée. Certes, il avait l’elixir qui lui permettait de s’exposer au soleil, mais enfin, ça ne le protégeait qu’une petite heure, alors il se le reservait, il était bien sagement rangé dans la poche interne de sa longue veste noire.
Et le voilà lancé dans sa ballade de fin d’après midi.

Il n’avait pas emmené d’occupation ni instrument de musique, ni livre, ni rien. En tant que vampire, il avait les sens décuplés, et le simple fait de se promener dans la forêt le laissait s’émerveiller de rien, pourtant, ce changement n’était pas récent, mais il s’en étonnait toujours, car somme toute, il était ce que les anciens appelaient un vampire jeune, il n’avait que 30 ans, et n’était vampire que depuis 11 ans.
Et il n’aimait pas lire, ou plutôt, ça lui faisait mal au cœur. Les romans philosophiques ou dit psychologiques lui rappelaient qu’il n’appartenait plus au même monde que leurs écrivains. Les romans d’aventure lui paraissaient toujours d’une fadeur en comparaison de ce que certains vampires lui avaient raconté. Et les contes…ah les contes, il détestait cela. Il les détestait car il n’arrivait plus à y croire, il avait vu l’autre version du monde, où les créatures fantastiques existent bel et bien, mais où les happy end, elles, n’ont pas lieu d’être.

De toute façon, la vision d’un vampire fait déjà d’un monde normal aux yeux des humains un monde extraordinnaire.
Dans la forêt, il pouvait distinguer tous les animaux qui se cachaient de lui, decelait le moindre de leurs mouvement, et il s’en amusait, c’était peut être la seule chose qui lui tirait encore des sourires, lui le grand rembruni, l’éternel sombre personnalité, peu bavard, peu communicatif, et pas très joyeux…

Et soudain, en plein milieu de sa promenade, il ressentit la bien connue présence d’un humain. Il n’était pas tout près, mais il pouvait le situer de manière assez précise. Et sans plus y réfléchir, plus par instinct qu’autre chose, il partit dans sa direction. L’idée d’en faire son repas ne lui traversa pas réellement l’esprit, il marchait, voilà tout, guidé par son esprit de suceur de sang.
Etant donné qu’il était beaucoup plus rapide qu’un humain normal, il ne mit pas bien longtemps à se retrouver non loin d’Isleen. Ce dernier était assis dans la clairière, soit au soleil, adossé à un arbre, perdu dans les méandres d’un livre.
Sans s’expliquer pourquoi, il ne s’en alla pas, ressentant le besoin de l’observer. L’humanité le fascinait depuis sa transformation, leur insouciance partielle, leur simplicité pourtant complexe, et il ne ratait jamais un moment d’observer les hommes sans qu’ils ne le sachent.

Il ne bougeait pas, et ne faisait pas de bruit, il était doué pour cela. Les craquements ? Ca n’était pas lui, mais un stupide lièvre qui avait pris peur en le voyant, et avait détalé vers un premier buisson, puis un second, pour enfin détaler un peu plus loin.
Seulement voilà, maintenant Isleen était averti d’une présence, et le voilà qui s’était redressé, demandant qui était là.
Jaw hésita un instant, se présenter à lui, ne pas se présenter à lui… Pour tout dire, voilà bien longtemps qu’il n’avait pas eu l’occasion de s’entretenir avec l’un des autres, c’était peut être la bonne occasion. Sentant la tension palpable du côté d’Isleen il décida de mettre fin à ses appréhensions. Rapidement il jeta un œil au ciel, le soleil était toujours là… Sans hésiter, il attrapa la petite fiole dans la poche de son long manteau noir et en avala le contenu. Il pouvait maintenant résister au soleil durant une heure, ce qui était amplement suffisant vu que le soleil était justement en train de se coucher, tout doucement.
Ceci fait, il sortit des arbres, des buissons, et de la pénombre, pour se présenter à Isleen.

Avec sa silhouette haute, élancée, accentuée par son manteau long, il faisait presque peur. Son visage était fermé , presque figé par le temps, mais il se força à prendre un sourire, imitant les humains qu’il avait longtemps observé, pour ne pas effrayer le jeune homme.
Il posa ses yeux quasi jaunes de félins sur le visage de jeune homme, songeant qu’il était véritablement beau. Tous les humains avaient cette beauté fraiche, qu’était l’éphémère. Lui, jour après jour, il se voyait le même visage, sans une ride en plus ou en moins, comme une statue de cire, il détestait cela, cette éternité.
Il observait Isleen avec le même air que le peintre admirant son modèle ou le musicien son instrument, un air presque transis, mais il ne s’en rendait pas vraiment compte, c’était malgré lui, cette admiration de la beauté vivante et non morte.

Mais se rappelant qu’ils étaient deux, il reprit pied dans le réel, et fit un pas vers le jeune homme.

« Je suis désolé si je t'ai effrayé >> s’excusa-t-il, songeant que cela le mettrait peut être plus à l’aise, car pour l’instant il semblait prêt à détaler au moindre geste déplacé.

Jaw s’appliquait à se mouvoir normalement, et non à la vitesse des vampires qui surpassait souvent l’œil humain. Son but : paraître le plus normal possible, même si, en tant qu’individu, il n’était déjà pas normal, car trop troublé, trop pensif, et cela, malgré son immobilité faciale, se devinait en parti à ses yeux, mais aussi à sa façon toujours tiré voir triste de sourire.

« Je m’appelle Jawan » crut-il bon de préciser. « Je me promenais juste dans le coin, je viens du Manoir Istravel non loin d’ici »

Il prit le temps de lui signifier tout ceci dans un seul unique but : le rassurer, et lui faire comprendre qu’il n’avait donc rien à craindre de lui –ce qui, d’ailleurs, était faux, raisonnable ou non, encore trop humain ou non, il n’était rien de moins rien de plus qu’un vampire après tout, mais cela, bien sur, il n’allait pas le lui annoncer ainsi. Mais bon, dans tous les cas, et malgré le côté associal qu'on lui connaissait bien, le moins que l'on puisse dire était que JAwan faisait des efforts...
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MessageSujet: Re: Un conte pour enfants [Jawan Evary]   Mar 4 Mar - 4:09

Si quelqu’un lui avait dit que Istravel abritait des vampires, Isleen serait certainement partit loin. Où ? Et bien, il ne le savait pas. Il aurait pu retourner chez son oncle, bien que ce dernier ne puisse l’héberger. Il aurait pu trouver refuge à une auberge. N’importe quoi, tant qu’il était loin d’un vampire. Avait-il peur de ces créatures suceuses de sang ? Oui, un peu. Après tout, plusieurs domestiques et ses propres parents avaient été tués. Et dire qu’ils l’avaient accusé d’être la source de ces morts. S’il n’était pas malade, la possibilité qu’il soit le tueur aurait pu être prise en compte, seulement, sa maladie l’exemptait de tout. Ils devaient réellement vouloir avoir une personne sur qui porter le blâme, car ils l’accusèrent malgré le fait qu’il était quasiment impossible pour lui d’avoir tué toutes ces personnes.

Puisque ses parents avaient toujours étouffés « ses » meurtres, personne n’en était au courant, sauf peut-être les domestiques qui travaillaient pour la famille depuis longtemps. Les autres membres de la famille Ruad n’en avaient pas eu vent et c’était certainement mieux ainsi. Plus le nombre de personnes au courant était restreint, plus les chances que ces morts passent inaperçus étaient grandes. Ses parents avaient mis ces étourderies sur le compte de la maladie de leur enfant qui n’avait plus toute sa tête. Après tout, il croyait aux vampires. Quel adolescent normal croyait en ces idioties ? Aucun. Tout le monde savait que de tels monstres n’existent pas. Si seulement ils savaient qu’ils se trompaient. Ils seraient certainement morts de peur. Qui ne le serait pas ? Comment pouvait-on bien prendre une telle nouvelle ? Il n’y avait aucun moyen.

Lorsque ses parents furent retrouvés morts dans leur chambre, il fut décidé que l’enfant irait vivre chez son oncle. Si celui-ci avait su qu’on accusait son neveu de meurtres, cela aurait été tout à fait possible qu’il n’aurait pas voulu de lui dans sa demeure. Après tout, qui risquerait sa vie en hébergeant une personne ayant tué ses propres parents ? Personne. Enfin, personne de sensée. À moins qu’elle ne souhaite la mort. À ce moment, héberger une telle personne aurait été tout à fait normal. Mais bon, le terme n’était peut-être pas le plus adapté à la situation.

Bref, alors qu’il était en pleine lecture, un bruit l’en fit sortir. Un petit animal sortit des buissons en courant. Cependant, un bruissement de feuilles l’empêcha de continuer sa lecture. Encore un petit rongeur, un autre animal ou bien n’était-ce que l’œuvre du vent ? Le jeune noble était debout, son livre à la main, alors que l’une des manches de sa chemise blanche était roulée jusqu’au coude et que l’autre reposait le long de son bras comme aurait dû être sa consoeur. Regardant autour de lui, il se demandait quel animal allait bien pouvoir sortir des buissons. Il espérait seulement qu’il serait inoffensif. Quelle fut sa surprise de voir surgir un jeune homme qui devait certainement avoir le même âge que lui ou dans les environs. Il fut soulagé. Soulagé de voir qu’il n’avait rien à craindre. Si seulement il savait.

La personne en face de lui portait une longue veste noire, ce qui donnait l’impression qu’il était plus grand qu’il ne l’était déjà. Des cheveux blonds et des yeux… jaunes ? Quel étrange regard. C’était, certes, joli, mais aussi hypnotisant. C’était la première fois qu’il rencontrait quelqu’un avec cette couleur dans les yeux. Bon d’accord, il n’était pas sortit de chez lui et n’avait pas rencontré beaucoup de monde depuis quelques années. Mais maintenant qu’il n’avait plus d’attaches, il rencontrait des personnes qui lui semblaient hors du commun. Oui bon, il était mal placé pour parler, puisqu’il faisait partit de ces personnes. Après tout, sa couleur de cheveux n’était pas quelque chose qu’on pouvait voir très souvent. Enfin, chez un adolescent surtout. Les cheveux des adultes, lorsqu’ils atteignent un certain âge, changent de couleur pour devenir blancs ou argentés. Or, il avait 17 ans et sa chevelure était complètement argentée. Étrange, non ?

Son vis-à-vis souriait et l’observait d’une drôle de manière. Enfin, c’était ce qui semblait à la vision. Mais bon, il prit la parole pour dire : « Je suis désolé si je t'ai effrayé ». Elle ne pouvait pas le nier, il lui avait fait peur. Il faut dire qu’elle avait craint le pire, croyant qu’un animal allait l’attaquer. Que voulez-vous, lorsque les craintes prennent le dessus sur la raison, les déductions faites sont souvent erronées. Après tout, de tels animaux ne doivent certainement pas peupler cette forêt. La présence de l’homme était trop présente. Quoique, la possibilité que des prédateurs aient élu domicile dans les alentours n’était pas à négliger. Il aurait été bête de se faire dévorer pour ne pas avoir été prudent. Bon d’accord, être seul dans une forêt était quelque chose de tout à fait imprudent. Surtout que Isleen ne connaissait pas l’endroit. Allait-il se perdre pour autant ? Il se disait que non.


-Ce n’est pas grave, je suis content. J’étais certain que c’était une bête sauvage qui allait se dresser devant moi.

Dit-il en se passant sa main libre dans ses longs cheveux et en souriant légèrement. Observant discrètement la personne qui lui faisait face, il ne voulait pas l’incommoder en le regardant. Après tout, certaines personnes aiment que le regard des autres se porte sur elles, alors que d’autres trouvent cela agaçant. Ne sachant pas quelle sorte de personne était l’individu, il aimait mieux rester discret. C’était, de loin, la meilleure façon de se comporter avec un inconnu. « Je m’appelle Jawan. Je me promenais juste dans le coin, je viens du Manoir Istravel non loin d’ici. » Jawan. C’était joli comme prénom. Ah tiens, il était un élève. Normal. Après tout, ils se trouvaient dans la forêt sur la propriété de l’école. Et à moins qu’il y aille du monde qui s’amusait à aller sur le terrain d’une école pour rien, alors qu’ils n’étaient pas élèves, cela faisait bizarre. Il était donc normal que les personnes dans la forêt étudiaient à l’établissement.

-Enchanté de faire votre connaissance, Jawan. Je me nomme Isleen Ruad. Vous êtes vous aussi un élève ? Nous nous croiserons certainement souvent là-bas alors.

Il lui semblait que l’étudiant semblait… pensif ? Certes, sont visage était impassible, mais cela n’était-il pas une preuve qu’il était pensif ? Après tout, il aurait une quelconque expression faciale sinon. Enfin, c’était ce que le jeune noble pensait. L’individu se promenait dans le coin. Pouvait-il lui demander s’il pouvait l’accompagner ? Continuer de lire était inutile, puisque la lumière allait bientôt manquer, le soleil allait se coucher et il ne pourrait plus lire son conte. Mieux valait donc se trouver une nouvelle occupation. Rentrer au manoir ? Non. Enfin, il allait bien falloir qu’il rentre à un moment donné, mais pas maintenant. Accompagner Jawan semblait être la meilleure solution. Après tout, il était plus prudent d’être au moins deux lorsqu’on se promène dans la forêt, non ?

-Dîtes-moi. Est-ce cela vous dérangerait si je vous tenais compagnie ? Le soleil va bientôt se coucher et il est plus prudent de ne pas être seul, puisque nous sommes dans la forêt.
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Jawan Evary




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MessageSujet: Re: Un conte pour enfants [Jawan Evary]   Jeu 6 Mar - 0:29

Jawan sourit doucement, plus par convention que par plaisir, contentement ou amusement. C’était la phrase d’Isleen qui le faisait sourire. Une bête sauvage… si seulement il savait… En fait, il était bel et bien en face d’une bête sauvage. C’était un bête sauvage habillée, qui parlait, qui se montrait courtoise et aimable, mais bien une bête sauvage. Il fallait la voir la bête en question lorsqu’elle était assoifée. Là, heureusement, elle s’était repue avant de faire sa ballade de début de journée –oui la journée commençait maintenant pour Jaw.

« Les apparences sont parfois trompeuses » ne put-il s’empêcher de faire remarquer.

Jawan ou le vampire qui se balladerait presque avec un panneau « attention vampire » autour du coup. Presque. Il n’était pas assez fou pour cela, il savait bien qu’il y avait des humains, des chasseurs de vampire, qui en voulait aux siens. Il le savait parce qu’il avait été des leurs avant d’être lui-même vampire. Et même s’il ne tenait pas spécialement à sa nouvelle vie, il ne voulait pas qu’un chasseur de vampire ne l’achève. Un vampire à la limite, pas un chasseur.
Quoiqu’il en soit, la phrase était sortie presque malgré lui. Au moins, c’était chose dite, il avait averti Isleen. Evidemment, le garçon prendrait cette phrase à la légère, et n’en viendrait pas forcément à se méfier de tout individu, le soupçonnant d’être un vampire, mais peut etre que ça lui mettrait la puce à l’oreille –et peut etre pas, surement même…

De toute façon, techniquement, il était vrai qu’il avait plus de chance de tomber sur une bête sauvage douée de raison que sur une bête sauvage…bête justement. A priori, il ne craignait pas grand-chose avec Jaw. Pas à l’instant même en tout cas, dans quelques heures, ce serait sans doute une autre histoire. Et puis, s’il était content avec ça, tant mieux, il y avait déjà quelqu’un pour trop réfléchir et tout appréhender dans la paire, inutile qu’ils soient deux. Deux personnes qui réfléchissent trop, ça n’est jamais bon, ça se monte la tête, et ça finit en suicide collectif (comment ça j’exagère XD ?)

Mais Jawan était un peu perdu. Pourquoi ? Pour une raison bête en vérité, juste qu’Isleen venait de le vouvoyer alors que lui avait commencé à le tutoyer. Il ne savait jamais comment s’y prendre, quelle politesse il devait employer. Jawan était littéralement nul en relations humaines, pour cause, il n’était PAS humain. Il était d’une maladresse à toute épreuve, doublée d’un instinct grégaire quasi nul. Il ne savait pas parler aux gens, ne savait pas comment se comporter avec eux, particulièrement avec les humains. Non, c’est vrai, c’est comme un humain face à un poulet : sachant qu’il a déjà mangé ses semblables et qu’il le mangera peut être un jour, comment doit-il être vis-à-vis de l’animal ? Bon, la comparaison était un peu poussée, car l’homme n’a pas été un poulet avant d’être un humain, et la communication est nettement plus difficile entre volaille et homme, mais le principe est là.

Mais puisqu’Isleen semblait opter pour le vouvoiement, il décida de se calquer sur lui, et de changer de forme de politesse.

« Enchanté également….Isleen… » répondit-il, baissant la voix sur la fin de la phrase, murmurant presque le prénom du jeune homme, encore une fois d’un air pensif. Ce prénom l’interpellait quelque peu, il n’était pas courrant, en fait, il ne l’avait jamais entendu. Il avait une consonance très douce, le genre de prénom agréable à prononcer comme à entendre.

Il s’accordait, en fait, bien avec son propriétaire, qui sortait autant du commun que son prénom. Jaw n’avait jamais vu non plus de tels cheveux, en tout cas, pas chez quelqu’un de cet age, c’était très curieux ce coloris, pour un peu ça l’aurait perturbé. Il avait vu des blonds pâles, très pâles, presque blanc, mais pas ce joli argenté.
Jawan était presque fasciné par l’observation du jeune homme, et contrairement à lui, il ne se gênait pas pour le fixer à volonté. Ca n’était pas un manque de respect ou une marque d’insolence, c’était juste qu’il faisait toujours ainsi, et pour tout dire, avec le temps, il ne remarquait même plus à quel point ses regards pouvaient se faire insistants.

Il ne prit pas la peine de répondre à la phrase d’Isleen, déjà car elle ne nécessitait pas de réponse –oui il était élève, il se doutait bien que le drôle d’individu l’était aussi, et il n’allait pas répondre un bête « oui » au fait qu’ils se croiseraient, mais aussi parce que, comme dit plus tôt, il était déjà occupé à le détailler , souriant intérieurement.
Il était presque déconnecté de la réalité quand Isleen reprit la parole, lui demandant la « permission » de l’accompagner dans sa promenade.

Jawan ne répondit pas tout de suite, se contentant tout d’abord de poser calmement ses yeux de chats sur son interlocuteur.
Honnêtement parlant, ça n’arrangeait pas son affaire, ça signifirait faire attention à tous ses gestes, ne pas agir trop vite, comme il le faisait souvent lorsqu’il était seul, ne pas dire de mot de travers, ne pas succomber à la tentation de croquer le cou si apétissant du jeune homme.
Mais d’un autre côté, maintenant qu’il était au manoir, il allait bien falloir qu’il s’habitue à la présence des humains, donc ceci était un bon « entrainnement ». Par ailleurs, Isleen ne semblait pas être quelqu’un de contraignant, ni turbulent, ce qu’il ne supporterait pas forcément étant donné qu’il n’était ni un grand bavard, ni un grand social. Alors après tout…pourquoi pas ?
Un peu de compagnie ne lui ferait surement pas de mal, peut être même du bien, et si le courrant passait avec Isleen, il pourrait en profiter pour en savoir un peu plus sur les humains, le monde humain lui semblait maintenant si loin et inconnu, lui qui y avait pourtant vécu.

Encore une fois, le blond se surpassa pour servir à Isleen un sourire qui sonnait presque vrai, mais malgré tout maladroit, on devinait facilement qu’il n’était pas coutumier des rires et sourires…

« Ca ne me dérange pas, ça me fait même plaisir »

Et ça n’était même pas un mensonge !
Il marqua une pause, réfléchissant un coup.

« Par contre, je n’ai pas d’itinéraire précis, je déambulais un peu au hasard donc euh… »

Il hésita un instant, regardant autour de lui.

« Vous voulez faire quelque chose en particulier ? »

Ca ne le dérangeait pas, lui, de continuer la promenade, ça ne le dérangeait pas plus de rester assis ici. Il n’était pas contraignant non plus au fond. De toute façon, il pouvait marcher marcher et marcher encore, il avait un sens de l’orientation exceptionnel, fortement aidé par son flair, et il retrouverait facilement le manoir, tout comme il retrouverait facilement Isleen s’il le perdait de vue…
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MessageSujet: Re: Un conte pour enfants [Jawan Evary]   Ven 7 Mar - 6:44

Jawan prit la parole pour tenir ces propos : « Les apparences sont parfois trompeuses ». Que voulait-il dire ? C’était, certes, vrai, mais pourquoi prononcer une telle phrase ? Le noble n’avait fait que dire qu’il était content, car il croyait avoir affaire à une bête sauvage. Qui aurait bien pu être heureux de faire à un animal sauvage prêt à vous attaquer ? Personne. La phrase de son interlocuteur résonnait dans son esprit, alors qu’il essayait de comprendre ce qu’il avait voulu dire par-là. Mais oui, voilà la réponse ! Il était certain d’avoir compris. Maintenant, il ne fallait que poser la question pour savoir si ce qu’il croyait être la vérité l’était réellement.

-Pourquoi dîtes-vous cela ? Vous êtes une de ces personnes qui aiment beaucoup les animaux ?

Ah, la naïveté de la jeunesse. Bon d’accord, il n’était pas si jeune que ça, après tout, il avait dix-sept ans, mais tout de même. Si son interlocuteur aimait les animaux, cela pourrait faciliter la compréhension des paroles qu’il avait prononcées. Après tout, un animal peut sembler féroce, bien qu’il ne le soit pas. N’appelle-t-on pas cela une technique défensive ? Plusieurs animaux ou insectes se montrent menaçant pour justement se défendre, éloignant leurs prédateurs. Ne sait-on jamais, peut-être que c’était ce que le blond avait voulu dire en disant que les apparences étaient parfois trompeuses.

L’adolescent observait son vis-à-vis du coin de l’œil. Ce dernier avait commencé à le tutoyé, mais lui, l’avait vouvoyé. Pourquoi ? Après tout, qu’est-ce que cela aurait fait s’il avait commencé à l’interpeller par des « tu » ? À vrai dire, rien. Seulement, il préférait vouvoyer les personnes qu’il ne connaissait pas. La personne en face de lui avait beau semblé être quelqu’un de fréquentable, elle n’en restait pas une inconnue. La politesse était de mise en toute circonstance et ce n’était certainement pas aujourd’hui qu’il allait faire à sa tête et être impoli pour aucune raison. De toute manière, ce n’était pas dans sa nature de dire n’importe quoi.

Après s’être présenté mutuellement, son compagnon lui dit qu’il était lui aussi enchanté. Cependant, aucun mot ne sortit lorsque Isleen dit qu’ils allaient sûrement se croiser à l’école. Et bien, tout ce qu’on pouvait dire était que Jawan ne semblait pas être quelqu’un de très bavard. Peut-être était-il encore perdu dans ses pensées. Il semblait si pensif, comme s’il était capable de se plonger dans un autre monde. Un monde dont il était le seul à avoir accès. La petite tête argenté aurait bien aimé savoir à quoi il pensait, mais au fond, pouvait-elle réellement poser une telle question ? Ils n’étaient pas amis, ils venaient que de se rencontrer. Alors, qu’est-ce qui lui permettait de vouloir savoir une telle information, tout de même assez personnelle.


-Vous semblez pensif. Si je puis me permettre, à quoi pensez-vous ?

Trop tard pour y penser plus, il venait de questionner le vampire. Celui-ci avait un regard… comment dire ? Insistant. Il semblait ne pas lâcher des yeux la vision et cela la gênait un peu. Elle n’avait pas l’habitude que le monde le fixe ainsi. Bien qu’elle l’observait elle aussi, elle arrêta immédiatement pour poser son regard sur les feuilles d’un arbre, apercevant par la même occasion un oiseau. Peut-être qu’en arrêtant de regarder son interlocuteur, il allait faire de même. Oui bon, laissez la dans ses illusions, la pauvre petite.

Attendant une réponse, elle voulait savoir si elle pouvait tenir compagnie à cet élève. Allait-elle avoir une réponse positive ou négative ? Il fallait croire que c’était positif, puisqu’il sourit. Oui, oui, un sourire. C’était un sourire maladroit, certes, mais c’était mignon. Pourquoi mignon ? Parce que le chat semblait ne pas avoir l’habitude de sourire et pourtant, il venait d’en faire un. Voilà pourquoi le jeune noble trouvait cela mignon et cela créa un petit sourire sur ses lèvres. « Ca ne me dérange pas, ça me fait même plaisir ». Oh, vraiment ? Il était sincère ? Cela réjouissait le plus jeune. Il allait pouvoir accompagné le félin. Si ce fut un petit sourire qu’il affichait un instant auparavant, maintenant cela en était un grand.


-Je suis heureux d’entendre cela.

Dit-il en fixant lui aussi son interlocuteur. Après un moment, celui-ci lui dit : « Par contre, je n’ai pas d’itinéraire précis, je déambulais un peu au hasard donc euh… » Donc quoi ? Le blond regarda autour de lui et l’humain en fit autant. Pourquoi regardait-il les alentours ? Est-ce que quelque chose venait d’attirer son attention ? Il avait beau regarder, il ne voyait rien. Est-ce que quelque chose échappait à sa compréhension ? Son regard fut reporté sur son compagnon qui venait de reprendre la parole. « Vous voulez faire quelque chose en particulier ? » C’était donc ça. Mais attendez, il venait bien de lui laisser le choix, n’est-ce pas ? Pourquoi ? Isleen détestait choisir. Prendre des décisions était quelque chose qu’il déléguait aux autres. Bien entendu, Jawan ne pouvait pas le savoir.

Que faire ? Que dire ? Que choisir ? Quelle était la meilleure solution ? Marcher dans la forêt, rentrer à Istravel ou rester dans cette clairière ? Bien qu’il n’y avait que trois choix, il se sentait perdu. Vraiment, un rien le stressait. Le pauvre petit chou. On pouvait presque le comparer à un enfant. À vrai dire, il semblait réellement en être un. Après tout, il était si naïf, croyant en tout ce que les autres pouvaient bien lui dire, il était si curieux, écoutant tout, ne perdant pas une seule petite information, et il se comportait parfois comme un enfant. Oh non, pas un sale gamin turbulent qui ne fait que causer des problèmes, mais un enfant qui obéit aux autres, pensant que cela est tout à fait normal.


-Je… heu… ce… il marqua une courte pause pour se calmer et arrêter de bégayer, pour ensuite reprendre. Cela ne me dérange aucunement. Je vous laisse le soin de décider. Après tout, je vous impose ma présence.

Bien qu’il avait bégayé au début, il su se reprendre. De toute manière, c’était toujours ainsi lorsqu’il devait prendre une décision. Heureusement, il réussit à faire en sorte que ce soit le blond qui décide. Et oui, il n’allait pas choisir. Il avait justifié cela par le fait qu’il imposait sa présence. Bien entendu, il lui avait dit cela en souriant et de sa voix douce pour bien faire comprendre que cela l’arrangeait que ce soit le chat qui doit prendre une décision. La petite tête argentée s’approcha de ce dernier, son livre en main. Pourquoi s’approchait-il ? Et bien, parce que la distance qu’il y avait entre eux n’était d’aucune utilité et faisait un peu bizarre. Après tout, pourquoi deux personnes qui se parlent se tiennent aussi éloignées ?

Ah, son livre. L’adolescent avait presque oublié qu’il l’avait depuis que son vis-à-vis était apparu. Et bien, le conte allait devoir attendre pour se faire lire. De toute manière, il connaissait déjà toutes les histoires dans ce livre. Et oui, il contenait plusieurs petits récits. Mais bref, le noble les connaissait tous, puisqu’il les avait déjà lu. Pourquoi relire ce livre alors ? Tout simplement parce qu’il l’adorait. Le conte qu’il avait décidé de lire aujourd’hui était l’un de ses préférés. Heureusement, cela ne le dérangeait pas de reprendre sa lecture une autre fois. De toute manière, bien que le soleil était encore là, il n’allait pas rester indéfiniment haut dans le ciel et mieux valait être en bonne compagnie pour, lorsque l’heure serait venue, rentrer au manoir. Après tout, il était difficile de se mouvoir dans une forêt, surtout la nuit, mais encore plus si on ne connaissait pas les lieux. Ce qui était le cas de ce cher Isleen.
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Jawan Evary




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MessageSujet: Re: Un conte pour enfants [Jawan Evary]   Dim 9 Mar - 14:56

Jawan regarda calmement Isleen, presque attendri d’autant de naïveté et d’innocence, ce qui lui tira malgré lui un petit sourire.

« Oui, j’aime beaucoup les animaux »

Ce qui, encore une fois, n’était pas un mensonge, juste une omission. En effet, Jaw adorait les animaux, même si ceux-ci ne le lui rendaient pas, sentant sa nature surnaturelle. Ca l’arrangeait bien qu’Isleen ait émis cette hypothèse, ca lui évitait de devoir inventer une excuse pour justifier sa remarque. Là au moins, il répondait à la question, tout en évitant de mentir.

« Mais je voulais surtout dire que certaines personne sont parfois pire que des animaux.. »

avait-il ajouté. Comme ça, il avait encore moins l’impression de mentir, puisqu’il lui avait presque dit la vérité. Il avait juste oublié de préciser qu’il faisait parti de ces personnes, voilà tout…
Jawan avait cette chance, à part un air froid et peu ouvert, d’avoir un visage calme, presque rassurant et un physique doux, ce qui faisait qu’on pensait généralement de lui qu’il était quelqu’un de gentil. Il l’était d’ailleurs, dans le fond, il fallait juste un peu creuser, et réussir à le dérouiller –ça, c’était une autre paire de manche.

De toute façon, ils ne s’attardèrent que peu sur cette petite remarque que le blondinnet avait lancé malgré lui, pour passer à tout à fait autre chose. A force de trop se perdre dans ses songes, il avait fini par attirer l’attention d’Isleen qui en vint même à lui demander à quoi il pouvait bien penser..

Jawan resta un instant figé, immobile, silencieux. A quoi pensait-il ? Au fait que Isleen était totalement imprudent et inconscient, et que se promener avec lui, seul au milieu de la foret, loin de toute vie humaine, était ..dangereux, pour ne pas dire plus. Non, il ne pouvait définitivement pas lui répondre ça. Qu’il songeait à sa vie d’avant, qu’Isleen lui rappelait son existence antérieure ? Non, il passerait pour un détraqué… Mais que lui répondre alors ?
Le cerveau de Jaw turbinait à toute vitesse, à la recherche d’une bonne idée.

« Je euh… » commença-t-il encore plus pensif pour le coup « A ma vie avant d’arriver à Istravel » acheva-t-il, ce qui était disons…plus ou moins vrai. En effet, sa vie d’humain datait d’avant son arrivé à Istravel, mais Jaw était resté très vague volontairement, ainsi, Isleen pourrait l’interpreter comme il le voulait, en esperant qu’il ne pousse pas la curiosité plus loin, sinon le vampire serait obligé d’inventer un gros mensonge. Bon sang ce que ce pouvait être pénible d’être une créature de la nuit, encore plus lorsque l’on discute avec un humain. Impossible de faire preuve de franchise, impossible de s’ouvrir aux autres. Pas étonnant qu’il soit devenu quelqu’un de solitaire…

Solitaire pas réellement volontaire qui plus est, preuve en était, dés qu’on lui proposait de la compagnie, il ne la refusait pas, ou rarement. Isleen, en particulier, avait l’air de nature particulièrement gentille, donc il ne voyait pas en quoi il aurait pu être gêné par sa présence. Et puis, son acceptation semblait avoir fait plaisir au jeune homme, qui arborait maintenant un large sourire, qui ne fit qu’étirer celui de Jaw. Ils pouvaient aller loin les deux, comme ça, à sourire parce que l’autre souriait parce que lui-même souriait… Enfin soit.
De toute façon, le sourire de Jaw ne tarda pas à s’évanouir, pas pour une raison particulière, mais juste parce que, pour quelqu’un qui ne sourit jamais, crisper les zygomatiques aussi longtemps était difficile, et il était beaucoup plus détendu le visage inerte, même si ça lui donnait un air plus statufié. Mais bon, c’était à Jawan qu’on avait à faire, cet air statufié, c’était un peu ce qui faisait son charme vampirique.

Ceci dit, maintenant qu’ils avaient contenu de continuer leur route ensemble, encore fallait il choisir cette route. Par politesse, Jaw demanda à Isleen ce qu’il souhaitait faire…ce qui sembla plonger le jeune homme dans un grand embarras. Son attitude en témoignait, mais même sans cela, les vampires avaient ce don de pouvoir ressentir des émanations fortes de joie, de colère, de tristesse, ou comme dans ce cas précis, de stress. Jawan fut un peu surpris d’obtenir une telle réaction à une simple demande. Décidemment, ce garçon n’avait pas que sa chevelure d’étonnant…
Le voilà qui commençait à bégayer, visiblement vraiment pris de cours qu’on sollicite son avis. Et maintenant, il se défilait, ou plutôt il mandatait Jawan au rôle du décideur.

« Imposer est un bien grand mot » commença-t-il par dire, car le terme était plus qu’exagérer, après tout, il lui avait demandé, Jaw avait accepté, et pas par contrainte. La seule chose qui le dérangeait réellement était de devoir faire attention à sa façon d’agir. A ce qu’il disait aussi, car même si Isleen était naïf et mettait toute la bonne volonté du monde à passer à côté de ce que disait le vampire, il finirait par attirer des soupçons à trop en révéler sur lui et les siens.

Mais là n’était pas le sujet, en attendant, il fallait qu’il décide seul de l’endroit où aller. Jawan avait déjà parcouru une fois la foret, même s’il venait à peine d’arriver. Il faut bien dire que s’il se met en mouvement à célérité dite « vampirique », ça ne lui prenait pas tellement de temps. Il essayait de se remémorer ce qu’il avait vu de plus ou moins intéressant. Il y avait un petit ruisseau qui traversait la forêt à un endroit, d’autres petites clairières, un lac, et des arbres à perte de vue. Il allait faire l’énumération à Isleen pour lui laissait le droit d’exprimer sa préférence, mais se rappelant de sa réaction précédente en lui demandant de faire un choix, il renonça. Après tout, ça ne ferait que le mettre un peu plus dans l’embarras, et ça n’était certainement pas le but de l’opération.

« Il y a un lac avec une petite clairière pas très loin d’ici… l’endroit est calme et joli, nous pouvons peut être nous y rendre … »

proposa-t-il. Répondre par oui ou non ne devait pas non plus être insurmontable pour Isleen, n’est-ce pas ? De toute façon, il ne regretterait sans doute pas d’y aller, l’endroit était réellement enchanteur. Et si d’ici là la nuit était tombé, l’eau reflèterait le ciel partuclièrement dégagé et la lune, bref, un paysage charmeur. Et la clairière comportait de larges rochers, qui pourraient faire office de siège s’ils voulaient se reposer un peu. Oui, le choix semblait approprié pour deux personnes cherchant le calme. Et comme l’endroit était un peu dégagé, ils auraient tout de même la clareté lunaire pour les éclairer, car la pénombre de la forêt ne devait avoir rien de rassurant et d’enchanteresse pour Isleen. Pour Jaw, c’était différent, les ténèbres, c’était son domaine.

En attendant une réponse positive ou négative de son nouveau compagnon de route, Jawan se mit en marche, et invita Isleen à faire de même d’un signe de la main. De toute façon, qu’ils aillent ou non à la clairière, ils fallaient partir de ce côté-ci, donc si ça ne tentait pas le jeune homme aux cheveux argentés, Jawan improviserait une autre destination, ça n’était pas ce qui manquait ici.

Le soleil disparaissait de plus en plus, laissant le ciel s’assombrir, tandis que la brume de soirée se levait déjà, fraiche, voir froide. Pour le vampire, ça ne changeait rien du tout, sa peau était glaciale, qu’il soit prêt d’un brasier ou d’un glacier. En revanche, le jeune humain devait lui commencer à en sentir les effets.
Le suceur de sang posa son regard de fauve sur lui, cherchant à détecter un signe qui montrerait qu’Isleen avait froid ou non. Si tel était le cas, Jaw serait prêt à lui prêter sa veste. Il n’y avait plus rien à cacher dedans maintenant, et comme dit, lui ne ressentait absolument pas le froid…
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Un conte pour enfants [Jawan Evary]

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