 Istravel Un manoir, des vampires, une école pour garçons au XIX° siècle. |
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Dorian Volterra Elève

Age : 18 Inscrit le : 23 Juin 2008 Messages : 5 Humain ou vampire : Humain Ame soeur : // Age du perso : 17 ans
| Sujet: Dorian Volterra Lun 23 Juin - 15:16 | |
| Nom : Volterra
Prénom : Dorian
Humain ou vampire : Humain
Age : 17 ans
Loisirs : Le meurtre jusqu'il n'y a pas si longtemps. Depuis qu'il est ici, il tâche de se limiter à la lecture et la sollitude. Il passe le plus clair de son temps à observer ses congénères pour essayer de comprendre leur logique, qui en un sens le dépasse complètement.
Orientation sexuelle : Homosexuel
Nationalité : Irlandaise.
Description physique :
Etrange est sans doute la première chose qui ressort au vu de l’aspect physique de Dorian. Ses yeux sont de la même teinte que sa chevelure, d’un insolite violet pâli par les traits inexpressifs de son visages. Son regard est bien souvent vide, fixé sur un point invisible et lointain. Il a le visage pâle et fin des androgynes, le corps svelte et élancé des femmes du monde. Légèrement musclé, sans pour autant que cela ne se voie sous ses vêtements un peu trop large, plutôt petit pour un garçon de son âge, il dégage naturellement une impression de fragilité et de mystère. Un observateur un peu plus pointilleux que les autres pourra cependant lui trouver des allures fantomatiques, et il n’est pas rare que son apparence soit assimilée à celle des enfants que l’on voit revenir de l’au delà dans les plus célèbres histoires d’horreur. Effrayant peut donc être le deuxième mot qui traverse l’esprit de celui qui le rencontre. Et pour peu qu’il daigne se rendre compte de votre présence, son regard devient alors vif et transperçant, semble t’il capable de mettre à jour vos secrets les plus intimes. Angoissant sera donc le dernier qualificatif qui naîtra dans votre cœur après quelques minutes passées en sa présence. Il a pourtant une allure relativement passive et peu imposante, qui vous fera parfois penser « touchant », pour peu que son regard spectral de vous ait déjà fait fuir.
Description psychologique :
Même si je tâchais de vous expliquer durant des pages et des pages tous les détours de l’esprit de ce garçon, vous n’y comprendriez rien. Vous pauvres humains déterminés par vos affects et vos pulsions, et vous autres vampires conditionnés par la connaissance du cœur insipide des Hommes, vous êtes incapables de saisir exactement ce qui fait vivre Dorian, ou au contraire ce qui peut entraver son existence. Mais soyons généreux, tentons par quelques misérables lignes d’éclairer votre lanterne. Il convient d’abord de s’attarder sur ce que vous pourrez voir. Ce qu’il vous laissera voir, en somme. Rencontrer le jeune Volterra signifie se trouver face à face à l’un des meurtriers les plus sanguinaires de l’Histoire. Mais ça vous ne le saurez jamais, puisqu’il est depuis quelques temps un meurtrier qui ne tue pas. Vous, vous rencontrerez un jeune homme discret, effacé et silencieux, pour qui l’amabilité et le calme sont les maîtres mots. Parlez lui et vous obtiendrez des réponses, celles que vous voulez entendre. Oui, il fait très beau. Ce livre est plaisant n’est il pas ? Que pensez vous de ce que machin à dit, de ce que truc à fait ? Indulgent et calculateur, il saura vous faire entendre tout ce qu’un être « normal » pourrait dire dans les situations auxquelles il est confronté. Il a peu d’humour, et parle suffisamment peu pour avoir l’air un peu endormi, mais c’est un esprit vif qui saura aiguiser vos conversations comme il se doit. En somme, il sera pour vous le compagnon parfait des discussions au coin du feu, et peut être bien l’amant le plus doux et le plus intrigant qu’il vous ait été donné d’avoir. Une façade absolument parfaite qui dissimule un esprit tordu et un amour incontestable de la mort. Dire que Dorian ne ressent rien serait un peu excessif, mais il ne ressent pas les choses de la même manière que tout le monde. Si il éprouve une fascination incontestable pour l’humanité et ses représentant, il est plus que dégoûté par tous les Hommes qui gravitent autour de lui. Des sentiments aussi contradictoires que complémentaires, qui ont depuis toujours dirigé sa vie et ses humeurs. Tous les sentiments qui peuvent l’atteindre sont remplacés par une intellectualisation des faits et des émotions, et il est incapable de connaître quelque chose si il n’en a pas la définition précise. Très intelligent, sans doute un peu trop, il est cependant totalement incompréhensible, et son raisonnement est celui des aliénés mentaux. Nous allons tous mourir un jour, pourquoi le déplorer ? La mort est une chose si merveilleuse, pourquoi la rejeter ? Aimer est tellement pitoyable, pourquoi s’y obstiner ?
Autre : Une marque insolite sur la joue droite qu'il s'est infligée lorsqu'il avait 15 ans.
Histoire :
Qui dit humanité dit déterminisme. Là ou les animaux se contentent de suivre la loi de leur espèce et de laisser s’écouler le temps qui les mène inéluctablement vers la mort, les humains, eux, subissent sans répit les épreuves que diverses forces aussi inconnues qu’imparables, épreuves qu’ils passent leur temps soit à déplorer, soit à reconnaître comme la principale distinction qu’il y a entre eux et les bêtes sauvages. Les scientifiques appellent cela des facteurs environnementaux, les psychanalystes des manifestations inconscientes d’un passif x ou y, et les sentimentaux préfèrent tout simplement le nommer âme. Toujours est il que quoiqu’un Homme puisse faire, son action est dictée par ce qu’il a été et vécu, et quoiqu’il puisse être, son existence n’est qu’une question de pré existence. Mais dans ce cas là, où s’arrête la responsabilité et ou commence les « circonstances atténuantes » ? Peut on réellement créer un monstre, uniquement en réunissant tous les facteurs dans la bonne équation ? Comment peut on accuser un humain de faire une chose si son action le dépasse ? Existe t’il une frontière entre le passé et l’avenir ?
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|  | | Dorian Volterra Elève

Age : 18 Inscrit le : 23 Juin 2008 Messages : 5 Humain ou vampire : Humain Ame soeur : // Age du perso : 17 ans
| Sujet: Re: Dorian Volterra Lun 23 Juin - 15:19 | |
| I) Les préliminaires :
C’est à 5 ans que Dorian aperçut son premier cadavre.
Le petit garçon naquit du consensus de deux êtres aussi normaux qu’attentionnés, et sa venue fut couronnée comme la plupart des autres comme le plus bel événement de la vie d’un Homme. Les débuts de l’enfance furent pour lui un parcours des plus agréables : Heureux héritier de l’un des plus riches nobles nationaux, il coula des jours heureux au sein d’un manoir perdu au milieu des vastes étendues irlandaises. Comment son père parvint il à faire fortune, l’histoire ne nous le dit pas, mais il est certainement important de souligner l’illégalité de ses rendements, puisque c’est à cause d’elle que l’engrenage prend vie. La propriété était traversée du cours d’un petit ruisseau qui prenait sa source en haut de la montagne au pied de laquelle était implantée la modeste demeure. Chaque jour que Dieu daignait lui offrir, Dorian le passait près de la rive, fouillant dans l’herbe pour y dénicher les milliers de vies qui y avaient élaboré domicile. Chaque nouvelle découverte était pour lui source d’un bonheur inestimable, et quand bien même il ne savait pas encore que tout ceci n’était que les prémices de ce que serait son inspection de la race humaine, il trouvait déjà dans l’observation du monde un intérêt rare pour un enfant de son âge. Le destin avait offert à ce soir d’automne un crépuscule radieux, comme pour mieux mettre en lumière les ténèbres qui avaient envahi l’arrière de la scène. Debout face au coucher de soleil flamboyant qui étendait ses couleurs chaudes dans la voûte des cieux, les yeux rivés vers les tons de rose et d’orange qui se noyaient dans la mer, Dorian attendait. Le moment propice, celui où ses parents daigneraient avoir le dos tourné pour qu’il puisse enfin sortir. Il faisait trop froid, lui avait dit sa mère. Si il sortait, il attraperait la mort. Mais comment des couleurs aussi chaleureuses pouvaient elles décemment laisser le monde souffrir du froid perfide d’un début d’hiver ? Baissant les yeux, il laissa longuement son regard se perdre sur le manteau de neige qui recouvrait les étendues de verdure de la propriété. Le soleil y jetait quelques uns de ses rubis, brisant le froid et la pureté de cette neige par un millions de cristaux ensanglantés et flamboyants. Il aimait ça Cette neige, cette chaleur froide, ce paysage. C’était autrement plus exaltant que tous les sacs de chair que l’Homme avait appelés hommes, qui couraient partout comme des insectes au milieu d’une jungle trop grande et trop dangereuse pour eux. Bien que très jeune, Dorian trouvait dors et déjà à l’humanité un air disgracieux et gauche. Cette enveloppe charnelle qui enfermait son âme le gênait, le dégoûtait parfois, l’empêchant sans cesse de ne faire qu’un avec les véritables beautés de la nature, avec cette neige que le soleil enflammait chaque minute d’avantage. Ses yeux se posèrent sur les mains qu’il avait désespérément posées contre la vitre, comme pour la faire éclater. Les rayons leur donnait une étrange couleur, changeant sa pâleur cadavérique en une poudre orangée et délicate. Un sourire s’étendit sur ses lèvres d’enfant. Comme elles étaient belles ses mains, leur laideur ainsi dissimulée par la générosité céleste. Peut être était ce cela la solution ? Repeindre sa chair ?
Un hurlement se fit entendre depuis le couloir, brisant le maigre silence qu’il était parvenu à insuffler au sein de son âme. Relevant lentement la tête, il observa la porte de sa chambre, comme pour y chercher la cause de cette anomalie. Il avait reconnu la voix de sa mère. Un peu effrayé, mais curieux, il avança d’un pas lent et fantomatique vers la sortie de son espace personnel. Il ouvrit la porte, doucement, et jeta dans l’entrebâillement un regard inquisiteur. Bientôt, il vit deux corps sortir en trombe de la pièce d’en face, le visage pâli par l’horreur et rougi d’affolement. Son père d’abord, qui avançait d’un pas déterminé vers l’escalier, puis sa mère, qui semblait prête à le suivre en enfer pourvu qu’elle puisse continuer de hurler. Quelques échos lui parvinrent « Où vas tu ? Que comptes tu faire ? Tu ne te rends pas compte, tu as… ». Il n’entendit pas le reste. Poussé par la curiosité de son âge, qui annihilait naturellement toute prudence au sein de son esprit dors et déjà malade, Dorian s’engagea dans le couloir, jusqu’à la porte que ses parents venaient de franchir. Le bureau de son père, une pièce formellement interdite. Ayant été depuis qu’il était en âge de marcher conditionné à ne jamais approcher de cette porte, l’enfant s’en trouva réfréné tout d’abord, et fut tenté de retourner dans sa chambre. Mais l’envie s’insinuait en lui tel un serpent, tenace, perfide envie qui estompait peu à peu toute trace du syndrome de Pavlov qu’on lui avait inculqué. L’hésitation ne fut pas longue, et la tentation prit le pas sur la prudence, le poussant au bout de quelques instants à ouvrir cette satanée porte qui l’empêchait de comprendre. Et la porte fut ouverte. Et le monde fut basculé. Le temps sembla se glacer un peu plus chaque seconde, tandis que la vérité explosait devant son regard d’enfant. De ses yeux encore présumés innocent, il détailla toutes les coutures de l’homme qui gisait à ses pieds nus comme un bien heureux, l’horreur de son visage balayant à peine toute la beauté de la scène. Une émotion encore jamais égalée s’empara de lui à la vue de ce que l’humain avait fait de plus monstrueux. Il se noya dans la contemplation du sac de chair que la mort avait élevé au rang de merveille. Ses prunelles encore novices détaillèrent son visage teinté de rouge, sa poitrine meurtrie par un trou béant duquel s’échappait le manche d’un misérable couteau de cuisine. Qui aurait cru qu’un couteau de cuisine puisse donner naissance à telle pureté ? Bientôt, l’attention du petit garçon fut concentrée sur le liquide vital que gerbait le cœur éteint de l’humain, qui progressait paresseusement sur le plancher verni du bureau, atténuant pour un temps l’inertie que la faucheuse avait imposé à la vie humaine. Il ne fallut pas longtemps pour que la chaleur du liquide caresse ses orteils, déclenchant un léger frisson de bien être au sein de son cœur. Il ferma les yeux et savoura le contact, inspira longuement les effluves sanglantes qui s’élevaient dans la pièce, une impression naïve et innocente de sécurité et de beauté s’insufflant dans son esprit perdu à jamais dans les méandres d’un monde qui venait d’éclater devant lui. Voilà la solution… un corps était si beau lorsqu’il était teinté de rouge. La médiocrité de l’Homme ainsi fauchée n’avait plus de poids face à la beauté, la douceur de ce sang qui coulait à présent jusque sous la plante de ses pieds.
Mais le temps reprit sa course. Un nouveau hurlement vint à nouveau troubler sa sérénité intérieure, et des bras violents d’angoisse et de panique le tirèrent bientôt contre la poitrine d’une femme. Elle avait le visage boursouflé par les larmes et couvert de cette terreur si méprisable qui l’animait chaque fois que son petit garçon se trouvait en danger. Dorian regarda la femme comme on contemple un ver, mais c’est à peine si l’intéressée s’en rendit compte, trop occupée qu’elle était à vouloir l’arracher à cet ébat si merveilleux avec le cadavre. L’enfant eut à peine le temps de protester qu’il fut violemment traîné dans le couloir. La porte se referma à jamais sur sa première expérience avec la mort.
II) De la pudeur au désir:
C’est à 13 ans que Dorian toucha son premier cadavre.
Le corps fut enterré et l’incident clos pour quelques mois. On répéta inlassablement au petit garçon que son père avait fait cela pour protéger la prospérité de la famille, qu’il ne fallait pas lui en vouloir, et surtout, ne jamais en parler. A qui que ce soit ! Avait il bien compris ? Jamais !! Et Dorian fut une perle de docilité. Il n’en parla pas, et fit des efforts intenses pour que personne ne sache ce qu’il avait ressenti ce soir là. Il se plongea dans un mutisme obstiné, n’accordant à ses parents que quelques échos des discours qu’il leur tenait avant pendant des heures. Ils prirent cela pour les effets secondaires du traumatisme et ne lui en tinrent pas rigueur, ignorants qu’ils étaient de la mutation qui avait débuté dans le cœur de l’enfant.
Malheureusement, le silence de la famille ne fut pas suffisant, et le corps ne tarda pas à être retrouvé. Dorian avait 7 ans lorsque son père fut jugé et condamné. Pourquoi finalement avait il arraché la vie à cet homme, son collègue, l’histoire ne nous le dit pas, et quand bien même elle le ferait, ça ne compterait pas. La cause a peu d’importance, seules les conséquentes sont dignes d’êtres étudiées. Dorian et sa mère déménagèrent dans un logement plus petit au cœur du centre de la capitale. Dorian dut abandonner la contemplation des vastes étendues d’herbe, ce qui, en un sens, contribua à sa métamorphose. Les milliers d’insectes qu’il capturait chaque jour furent simplement remplacés par la fourmilière humaine de le ville. Chaque jour, chaque seconde de temps libre était passée à l’observation de la race humaine. Que ce soit depuis sa fenêtre où à même la rue, il ne se passa une journée sans qu’il tente d’en apprendre d’avantage sur les sacs de chairs. Il cherchait les comportements, les réactions, les détails de l’humanité, et les façons de la rendre plus belle, autres qu’une mort sanglante. Il n’en trouva pas. Il eut beau faire des efforts pour redevenir normal, pour être digne de sa misérable condition d’être émotionnel, jamais rien n’atteignit la beauté de ce cadavre perdu dans les affres de la cupidité de son père. Lorsqu’il le réalisa, le changement de personnalité s’intensifia d’avantage. Il ne parlait plus, ne souriait plus, ne faisait même plus l’effort d’avoir l’air « normal ». Ses émotions le quittaient une à une, remplacées par une intellectualisation de chaque chose, de chaque être qui croisaient sa route. Il étudiait, observait, silencieusement, immobile et patient, telle la chenille qui attend avec impatience sa chrysalide.
Sa mère, de son côté, se rendait à peine compte de la torture qu’était entrain de subir son fils, du monstre qu’elle avait finalement engendré, trop occupée qu’elle était à trouver le moyen de boire beaucoup sans compromettre son image. Elle sombra dans l’alcool et les plantes vendues par des sorciers aux coins des rues, si bien qu’elle finit par la perdre, son image. Mais Dorian s’en fichait éperdument, il ne ressentait déjà plus rien pour cette femme ni pour aucune autre. Car sa mère était passée par les rayons de son inspection maladive, sa mère n’avait plus aucun secret pour lui. Et dès qu’elle eut fini de l’observer, de la comprendre, à l’âge de 11 ans, il s’en désintéressa totalement. Il prit l’habitude de ne pas avoir faim, pour ne pas devoir subir les dîners interminables en compagnie de l’ombre de sa mère, et se contenta d’exister parallèlement à sa génitrice, sans jamais réellement faire en sorte que leurs routes se croisent. Et ce qui devait arriver arriva.
Un soir, alors qu’il rentrait d’une promenade interminable dans le parc qui s’étendait près de chez lui, son lieu d’inspection favori, il trouva dans la maison une ambiance comme… Refroidie. Tout était silencieux, et l’immobilité inquiétante des lieux était à peine brisée par les rideaux qui s’agitaient devant les fenêtres, emportés par les courants que laissaient passer des vitres anormalement ouvertes. Un frisson de froid parcourut même l’échine de l’adolescent tandis qu’il observait son logis depuis l’encadrement de la porte, son émotivité soudain éveillée par une angoisse profonde. L’angoisse de ne pas savoir. Il entra finalement, fermant la porte derrière lui comme il le faisait chaque jour, et avança jusqu’au salon, tâchant de ne pas prêter attention au bruit anormal que produisait ses chaussures au milieu de ce silence de mort. C’est là qu’il la vit. Sa mère. Allongée sur le canapé luxueux au milieu de la pièce, les yeux ouverts, le visage figé en une expression de bien être, plus apaisée qu’elle ne l’avait été depuis l’arrestation de son mari. Sa main pendait lamentablement dans le vide, juste au dessus d’un verre d’alcool qui répandait son contenu sur un tapis angora hors de prix, dissolvant par la même occasion toutes les plantes qu’une boîte éventrée avait étalées sur ce même tapis. Le cœur de Dorian se serra l’espace de quelques secondes à la vue de ce corps qu’elle avait aimé les 6 premières années de sa vie, et l’émotion intense que la mort évoquait en lui fut précédée d’une tristesse éphémère et profonde. Cette femme si lamentable qui n’avait jamais été fichue d’être heureuse, qui avait pris la première excuse qui se présentait à elle pour afficher son non-bonheur au grand jour, ce sac de chair encore plus laid de lâcheté et de stupidité que les autres, cette femme était sa mère. Rien ne pourrait changer cela. Sa mère était morte.
Au bout d’une durée qui lui sembla interminable, Dorian avança dans la pièce, en direction du cadavre qui s’offrait à lui. Lentement, mais sûrement, il s’agenouilla près de la femme et balaya d’un geste presque tendre les quelques mèches de cheveux qui cachaient ses yeux grands ouverts, apaisés par le néant de l’absence d’énergie vitale. Ses doigts effleurèrent une peau glacée, pâlie et douce comme une peau de pêche. Malgré lui et sa non émotivité maladive, il sentit son cœur de serrer de pitié et de culpabilité pour ce corps que la vie avait rendu trop faible. Comme elle était belle ainsi, le visage apaisé par le repos qu’elle cherchait depuis près de 5 ans. Elle ressemblait à une poupée de porcelaine, inanimée et douce comme une fleur. L'adolescent laissa des larmes couler sur ses joues, dernières traces de sa vie passée. Un flot de larme pour couronner la clôture définitive des dernières parcelles d’humanité qui luttaient au fond de son âme pour ne pas disparaître. Sa mère morte, plus rien ne pourrait empêcher sa plongée dans les abysses de l’indifférence, il le savait très bien. Il se pencha et posa sa tête sur la poitrine de sa mère, savourant la caresse de cette peau si joliment refroidie, humant les dernières effluves du parfum que la femme avait toujours porté. Il n’aurait su dire combien de temps il resta auprès du corps, les genoux noyés dans l’alcool, caressant simplement le visage inexpressif d’un geste lent et mécanique. Il attendit simplement que toute trace de douleur s’efface définitivement en lui, que la femme redevienne un objet d’étude parmi d’autres. Puis il se redressa et la contempla encore quelques instants. Les larmes avaient séché, remplacées par cette émotion malsaine et inéluctable qu’il avait ressenti la première fois que la mort avait trouvé sa place sur son chemin de plus en plus voué à se tordre. Il aurait voulu faire couler le sang, sublimer encore d’avantage cette image irremplaçable, mais il se retint. Il aurait le temps pour cela, et quelques bribes du respect qu’un enfant éprouvait pour sa mère l’empêchèrent d’assouvir complètement ses pulsions morbides. Il se contenta de l’observer, de s’imprégner à jamais de cette image avant de la délaisser comme elle avait délaissé tout le reste. La métamorphose était achevée.
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|  | | Dorian Volterra Elève

Age : 18 Inscrit le : 23 Juin 2008 Messages : 5 Humain ou vampire : Humain Ame soeur : // Age du perso : 17 ans
| Sujet: Re: Dorian Volterra Lun 23 Juin - 15:20 | |
| III) Le potentiel érotique de la mort :
C’est à 15 ans que Dorian engendra son premier cadavre.
Pendant quelques semaines, les choses se précipitèrent autour de lui. Les médecins, génies diplômés et formés qu’ils étaient, conclurent à un suicide après des heures d’ « examen », et au grand étonnement de l’enfant, tout le monde sembla y trouver une raison de considérer la chose comme bien plus tragique qu’elle ne l’était déjà. Les parents de la « pauvre chérie » ne cessèrent de supplier le petit Jésus de leur pardonner leur manquement à leurs divers devoirs d’éducateurs, la presse y vit une bonne occasion de dessiner un nouveau tableau dans l’Histoire de la laideur nationale, et même les voisins de son quartier se sentirent contraints et forcés de couvrir ce pauvre enfant de sympathie et de condoléances. De son côté, Dorian ne vit là qu’une nouvelle preuve à ce qu’il avait toujours considéré, à savoir la pitoyable mise en scène que les Hommes donnaient allègrement à la mort. Pour lui, le fait que sa mère ait avalé une boîte de plantes ou ait eu un accident de charette ne changeait rien à la donne : Elle était morte, elle était partie, elle avait enfin été belle à ses yeux. Malgré tout, lui aussi traversa une période difficile. D’une part, cette culpabilité stupide qui les envahissait tous ne l’avait pas épargné, et lui aussi sentait peser sur ses frêles épaules les affres du remord. La seule différence était que, comme son père en un sens, il avait toutes les raisons du monde de porter la responsabilité de la « tragédie ». Sa mère avait sombré, et il avait été si fasciné par l’étude de la dépression qui l’envahissait qu’elle n’avait rien tenté pour inciter sa génitrice à la combattre. Au contraire, elle avait tout fait pour amplifier son état. Les regards moralisateurs, les silences obstinés et accusateurs, les sourires compatissants et les effleurements de joue… Tout ceci avait été volontairement joué pour amplifier l’étendue de la souffrance qu’avait ressenti sa mère. Et si il n’avait pas eu à l’époque l’intention de la pousser au suicide, c’était pourtant bel et bien ce qu’elle avait fait. Dire qu’il se rongeait les sangs de remord serait excessif… Mais pour la première fois, Dorian se fit peur à lui même. Il avait souhaité la souffrance de cette femme qui n’avait jamais fait que l’aimer, et il avait été plus ému par sa mort que par n’importe quoi d’autre. Ce qui s’était passé lorsqu’elle avait 5 ans n’était pas grave : Il était petit, il ne comprenait rien, le cadavre était inconnu. Mais là… Là il était « grande » comme tout le monde se plaisait à le dire, il comprenait parfaitement bien, et il s’agissait de sa mère. Pourtant, il n’avait rien ressenti de différent. Si ce n’était cette vague tristesse que le choc avait pu causer…. Durant 5 minutes. Il souffrit longtemps de cette révélations. Les Hommes l’écœuraient, à tel point qu’il lui était difficile d’admettre l’idée de vivre dans le même monde qu’eux. Il se renferma totalement dans son dégoût viscéral de cette humanité qui grouillait autour de lui, examinant chaque soir son corps dans la glace comme on contemplerait une larve. Ce n’était pas lui ça… Cette chose qui le regardait comme si elle n’était rien du tout, ce n’était pas lui. Il se surprit à souhaiter être comme tous ces êtres que les émotions rendaient aveugles, à espérer qu’un jour son cœur batte lui aussi un peu plus fort que d’habitude, qu’un sentiment l’atteigne réellement sans qu’il ait besoin d’en chercher la définition. Il se força à s’émouvoir, à essayer de trouver autre chose que la mort pour lui donner envie de vivre. Mais comme lorsqu’il avait 6 ans, le résultat fut décevant. Il n’était rien de plus qu’un cadavre beaucoup trop intelligent pour ne pas étouffer sous le poids de la méprisable condition qu’on lui infligeait. Et il lui fallut deux ans pour ne plus vomir à l’idée de croiser les autres vers de son espèce.
La rencontre d'un Homme marqua une rupture avec cet ère de souffrance, pendant laquelle il s'infligea d'ailleurs cette marque insolite qu'il porte depuis comme une croix. Il avait 16 ans, vivait chez les parents de sa mère, et commençait à s'efforcer à voiler son horrible condition. Il rencontra cet homme, de 12 ans plus vieux que lui, à une soirée mondaine. L'attirance fut immédiate. A défaut de savoir ressentir des sentiments humains trop humains, tels que l'amour ou la tendresse, Dorian vit naître en lui un profond désir pour cet homme sublime qui se présenta à lui tel un ange descendu du ciel. Le lien fut construit en moins de temps qu'il ne faut pour l'espérer, et ils se jurèrent bientôt une relation éternelle et sans faille. Encore une fois, Dorian n'aimait pas cet homme. Ou en tout cas, il n'avait pas conscience de l'aimer. Mais jamais rien ne fut plus merveilleux à ses yeux que l'apparition qu'il lui offrait presque tous les soirs secrètement dans sa chambre. Ils vécurent des semaines enflammées, pendant lesquels le jeune garçon sentit s'apaiser son obsession de la mort et de la souffrance humaine, remplacée par l'impatience frénétique qui naissaient en lui à l'idée de le voir encore. Mais cet équilibre précaire était bien entendu fait pour se briser.
C’était l’affaire de deux jours, le temps de lui faire profiter de la maison ou son compagnon avait grandi, qui aujourd’hui lui servait de lieu de plaisance. Une douce demeure construite par ses aïeux sur la rive d’un gigantesque lac. Retirée de toute civilisation, la bâtisse était destinée à recueillir la tendresse et la passion qu’il pensait avoir installées au sein du couple. Dès qu’il en aperçut les contours, Dorian songea à la maison qui avait accueilli ses premiers jours, et qui avait vu naître son premier grand amour avec la faucheuse. Dieu seul sait si cette ressemblance contribua à la tragédie qui s’infiltra à la place de la tendresse et de l’amour. Une seule chose était certaine : Il était enfin temps pour Dorian de chercher la véritable nature de l’horreur qu’il incarnait. Un coucher de soleil ensanglanté, égal à celui qui avait couronné ses premiers ébats avec la mort, vient sublimer la tragique catharsis que Dorian choisit de subir. La plus grande chambre de la maison accueillait pour un temps le rituel, permettant aux deux amants de donner fruit à leur amour. Les corps se mélangeait dans la douceur de l’été indien, au milieu de la sueur et des soupirs de leurs âmes. Entièrement couvert de l’enveloppe charnelle de son homme, Dorian savourait la chaleur qui se répandait en elle, et les divagations macabres qu’elle faisait naître dans ses reins. Et le fantasme se réalisa enfin. Il lui suffit de basculer au dessus du corps qui rampait en lui, de le dominer entièrement tandis qu’il nouait ses mains aux parois du lit… De sortir un poignard et de le placer sous sa gorge. Il souriait, bestial, emballé par ce nouveau jeu qu’il venait de leur trouver. Ses lèvres cherchaient celles de son amant, non pour les embrasser mais bel et bien pour les mordre. Vas y… susurra t’il entre deux morsures. Tue moi. Et il riait, riait encore tandis que ses mains parcouraient avidement, intensément toutes les courbures du jeune homme. Tue moi.. répétait il. Soit. Le couteau s’enfonça dans se gorge comme dans du beurre. Il en hurla presque pas, étouffé par le sang qui noyait ses cordes vocales. Il n’eut le droit qu’à un simple regard horrifié à l’adresse du meurtrier, avant de sombrer en un bruit écœurant de rejet et de souffrance. Il était encore ancré en lui quand son cœur cessa de battre, et elle ne put pas s’en défaire tout de suite. Recouvert du sang qui avait gerbé de la plaie béante, Dorian toisait le cadavre, horrifié. Le couteau glissa au sol, s’écrasant sourdement sur le tapis que quelques gouttes avaient au préalable constellé de liquide vital. Il plaqua ses mains sur la gorge de sa victime pour y sentir couler le sang qu’il avait fait naître, toute raison bloquée par un état de transe indescriptible. Ses mains parcoururent chaque parcelle de chair, son visage s’enfouit au creux de sa chevelure pour humer l’odeur qui s’en dégageait encore. Un flot de larmes envahit son visage, traçant des sillons de chair au milieu du sang encore humide qui le recouvrait. C’était horrible. C’était sublime. Monstrueusement sublime.
Personne ne sut jamais ce qui était arrivé à Dorian ces deux fameux jours. Il avait prétendu vouloir partir explorer son ancienne demeure, ce que ses grand parents avaient compris comme une tentative de sortir du gouffre et donc accueilli avec indulgence. Il revint le jour prévu à l'heure prévue, seul et nettoyé de toute trace de sang. Lorsqu'on retrouva le cadavre, l'un des nombreux partenaires du libertin fut accusé et envoyé en prison sans que le nom Volterra ne soit jamais évoqué, ni même imaginé. Et Dorian sombra à nouveau. Il souffrit cruellement de l'absence de son amant les semaines qui suivirent sa mort, et la culpabilité fut telle qu'il se jura de ne plus jamais rechercher la mort comme il avait pu le faire auparavant. Il se rendit compte à quel point il lui serait impossible d'être comme les autres, un humain émotif et attendri par la moindre idiotie qui peut jaillir devant son regard, mais il comprit aussi qu'il pouvait faire tout comme. Alors que son cœur sombrait de plus en plus dans les méandres de la solitude et du remord, il s'appliqua à donner au monde une image parfaitement normale d'un adolescent de 16 ans. Peu à peu, il retrouva l'usage de la parole et du sourire, et quand bien même tout ne fut que facette, il parvint à convaincre sa famille qu'il avait retrouvé goût à cette existence si insipide qu'ils lui offraient. Une chose demeurait incurable: il étouffait littéralement. Cette vie ne lui convenait pas, et l'ennui se faisait de plus en plus sentir au fond de ses étranges prunelles. Sa grand mère, une femme un peu plus dégourdie intellectuellement que les autres, proposa donc de l'envoyer ailleurs. Il y avait ce pensionnat relativement réputé qui accueillait volontiers les élèves. Elle avait quelques relations avec des amis du directeur, peut être pourrait elle tâcher de lui envoyer la candidature du petit Dorian. Son grand père n'était pas très emballé par l'idée de l'envoyer à l'autre bout du pays. De plus, expliquait il avec dogmatisme, cette région était souillée de légendes toutes plus sordides les unes que les autres à propos de créatures fantomatiques et sanguinaires. L'adolescent, qui jusque là ne voyait aucun intérêt à changer de région pour voir exactement les mêmes personnes, fut comme intrigué par ces légendes. Des êtres sanguinaires... Il ne savait si cela était vrai, mais il devait le vérifier par lui même. Peut être trouverait il une âme pour comprendre ce qu'il était? Il s'employa donc à convaincre son cher grand père qu'il avait besoin de changer d'air, et que les légendes restaient après tout des légendes. La candidature fut donc envoyée, et positivement reçue. C'est ainsi que Dorian s'exila, à 17 ans, auprès des vampires, tenter de trouver enfin une vie plus belle à ses yeux que la mort. _________________
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|  | | Caïn Hargreaves Elève

Inscrit le : 29 Oct 2007 Messages : 201 Humain ou vampire : Jeune Vampire Ame soeur : Erwanchouuuu Age du perso : 18 ans
| Sujet: Re: Dorian Volterra Lun 23 Juin - 16:55 | |
| O.O looonngue fiche... Mais j'ai tout lu ^^ Très belle fiche soit dit en passant.
Fiche Validée ^.^
Chambre No7
Amuse toi bien ^^ _________________
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