 Istravel Un manoir, des vampires, une école pour garçons au XIX° siècle. |
| Let my fire (privé Anselm) | |
| | | Auteur | Message |
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Jawan Evary

Inscrit le : 24 Fév 2008 Messages : 19 Humain ou vampire : *tente de cacher les canines* Humain sisi...hum Age du perso : 30 ans (19 d'apparence)
| Sujet: Let my fire (privé Anselm) Ven 7 Mar - 23:49 | |
| 9h tapante, alors qu’une bonne partie des pensionnaires du manoir sentait le contre coup de la fatigue accumulée tout au long de la journée, certains semblaient à peine s’éveiller. La plupart des bouches s’ouvraient et se fermaient les unes après les autres, rappelant, un peu avant l’heure, à tout cette petite populace, qu’il était grand temps de songer à aller se reposer.
A l’inverse, pour Jawan, c’était l’heure de se resourcer, ou du moins, de cesser de jouer les pantins apathiques un peu partout dans la demeure. Il s’était trainné, toute la journée, de la chambre à la bibliothèque, de la bibliothèque au grenier (endroit fort sympathique, si l’on aime la compagnie des araignées, de la poussière en sur-quantité, et du vieux bois grinçant), et à nouveau du grenier à la chambre. C’était le genre de journée qualifiée de peu constructive par la majorité des gens...et pas forcément à tort.
Mais voilà l’heure de l’éveil spirituel, ou presque. Pas l’heure de la chasse, pas encore, généralement, celle-ci se déroulait plus tard, dans la nuit, voir dans la matinée, et surtout, à l’extérieur du manoir. Pas que Jaw éprouve un quelconque remord à s’attaquer aux gens du Manoir par affection ou autre –de toute façon, pour ce qu’il savait d’eux- mais soit, il avait toujours préférer attaquer les gens qui ne faisaient pas parti de son…habitat dirons nous. Ce qui ne l’empêchait pas de temps à autre de lorgner dangereusement sur le cou de tous les aliments sur patte qui se trainnaient inconsciemment sous son nez. Un de ces jours, il finirait peut être par craquer…sans doute même, et au pire, ce serait une victime de plus à son compte. Si un vampire commençait avec les états d’âme, il n’en avait pas fini, donc autant remettre Dame Conscience à sa place : loin.
Profitant du fait qu’à cette heure ci les couleurs n’étaient pas un lieu de trafic intense, Jaw ne se gêna nullement pour user de sa vélocité surhumaine afin de se rendre dans l’endroit convoité, qui n’était autre que la salle commune. Oui, éveil spirituel ne signifiait pas non plus aller s’agiter pour le vampire. Entre autre, sans doute, car le jeune homme n’était pas une personne agitée, tout au contraire, il aimait les activités calmes. Il n’avait jamais été spécialement physique, d’ailleurs s’il était encore humain à cette heure-ci, vu son flegme, nul doute qu’il aurait droit à un peu d’embonpoint.
En quelques minutes à peine, voilà notre bellâtre arrivé à bon port, pour constater que, comme il s’y attendait un peu en vérité, il n’y avait personne. C’était plus ou moins volontaire de sa part, il n’avait ni l’instinct grégaire, ni l’amour des foules, d’ailleurs, dés qu’il se trouvait en présence de plus de deux individus il avait la réaction typique de l’huitre : se fermer, se fermer à tout prix, et surtout empêcher toute ouverture extérieure. Ce qui ne signifiait pas par ailleurs qu’il s’avérait plus communicatif en présence d’une personne….juste qu’au moins, il desserrait les lèvres.
Son regard couleur fauve survola la pièce plusieurs fois, constatant son inintéret flagrant, qui ne l’empêchait manifestement pas de rester. Et finalement, ses yeux s’arrêtèrent sur la cheminée, qui était allumée. Il fallait bien dire que dehors, le temps était plus hivernal que printannier, et le vent s’échinait à souffler sa fraicheur nocturne qui appelait les oiseaux de nuit aventureux à bien se couvrir.
Le vampire se dirigea sans se presser vers la dite cheminée, de sa démarche flegmatique, presque lascive. Il se mouvait toujours ainsi, sans même s’en rendre compte, il n’y avait que les regards extérieurs pour remarquer cela chez lui… Arrivé près de la chaleur réconfortante pour les humains, il s’accroupit, et plongea ses yeux jaunes dans les flammes dansantes. Comme toujours, il gardait une certaine distante par rapport à cet élément qui le fascinait mais qu’il savait dangereux pour lui. Il ne pouvait pourtant pas détourner ses prunelles du feu crépitant, presque hypnotisé par le phénomène. Malgré la chaleur presque brulante qui s’en dégageait, sa peau restait désespérément glaciale si on la touchait, et pas une rougeur ne venait tâcher sa peau d’albâtre, bizarrerie qui en avait déjà perturbé plus d’un. Pour un peu, guidé par le mouvement ondoyant de ce flambeau, il y aurait plongé la main, mais quelque part, dans sa tête, l’instinct de survie rôdait et l’en empêchait.
Pourtant, lorsque la porte s’ouvrit, le faisant sursauter, en raison de sa courte absence, il faillit trébucher sur le côté, et reprendre appui en posant son bras dans le feu. Manquait de peu et voilà notre Vampire en bien mauvaise position. Au lieu de cela, il bascula en arrière, et se rattrapa à l’encadrement en pierre qui protégeait le foyer. Son regard se fixa alors sur la porte, pour voir qui était le fauteur de trouble qui avait failli lui devoir un avant bras… Moralité : lorsque l'on entre dans la catégorie des vampires à tendance rêveuse, on s'assoit sagement dans les fauteuils... |
|  | | Anselm Ledford

Inscrit le : 06 Mar 2008 Messages : 8 Age du perso : 19
| Sujet: Re: Let my fire (privé Anselm) Sam 8 Mar - 3:37 | |
| Des pas résonnèrent dans l'aile Ouest du manoir. Une silhouette hâtive se dessinait sur les murs du couloir principal. Les lampes à huile n'avaient pas été rallumées, seuls les rayons lunaires que filtraient les fenêtre laissaient entrevoir un environnement. Anselm, parce que c'était lui, l'ombre, s'immobilisa enfin, semblant chercher quelque chose. Il aurait juré que cette porte se trouvait ici mais manifestement, elle ne s'y trouvait pas... Sa mâchoire se crispa légèrement. Irritation. Soupir exaspéré.
Rarement le Grand Géronte ne lui avait infligé de pareilles journées. Tôt déjà ce matin, son nouveau professeur de rhétorique pastorale - puisse-t-il s'étrangler avec une hostie - l'avait gentiment sommé d'ingurgiter Le sermon de Saint Sylvain, une immonde paperasse aussi large qu'inintéressante avec de vrais morceaux de Bible dedans, et qui plus est, dans les plus brefs délais. Nul doute que ce vieux bouc lui demanderait ses premières impressions le lendemain et il valait mieux ne pas lui donner l'occasion de commencer un saquage en règle dès la première semaine... Mais le fils Ledford avait le temps. Il préféra donc consacrer ce temps libre à profiter d'une relative solitude dans le parc du domaine, aussi le Miséricordieux voulut-il que la saucée du siècle s'abatte sur lui...
Enfin oui, on avait toujours le temps lorsqu'il s'agissait de bûcher ou remettre à plus tard une tâche, à condition de s'y mettre bien sûr... Ce qui n'arrivait pas systématiquement dans son cas, l'échéance bien souvent dépassée. Mais il s'y mettrait, oui. C'est d'ailleurs ce pourquoi le garçon se trouvait là, maintenant, planté comme un piquet, le bouquin sur la hanche, dans un corridor qu'il pensait connaître... Où diantre cette fichue pièce se trouvait-elle ? Ca ne s'envolait pas comme ça, une salle aussi grande... Le sang pulsait entre ses tempes à lui en faire mal, la légère fièvre contractée lors de sa promenade lui donnait des suées froides et il commençait à se faire tard mais qu'à cela ne tienne, Anselm s'y tiendrait. Le temps de tirer sensiblement sur son noeud de cravate, de replacer une mèche de cheveux et il entreprit de faire le chemin inverse, en prêtant cette fois-ci davantage attention aux endroits où il mettrait les pieds.
Après s'être finalement renseigné par dépit auprès d'un domestique (le sens de l'orientation, on l'a ou on ne l'a pas), le garçon arriva devant la fameuse porte, celle de salle commune, mais qui ne devrait probablement pas l'être à cette heure avancée. A propos, pourquoi celle-ci pour étudier ? Peut-être parce que la bibliothèque était comme chacun le sait un endroit grouillant de monde. Peut-être également parce qu'il savait sa chambre occupée. Mais sans doute était-ce parce que cet endroit ne pouvait être que vide actuellement. Il tourna la poignée, les charnière avaient besoin d'être graissées, aussi dût-il forcer pour ouvrir, produisant ainsi un horrible grincement.
La pièce était plongée dans la pénombre, la flamme de la cheminée ne dégageant pas suffisamment de lumière pour l'éclairer dans tous ses recoins. Anselm fut immédiatement alerté par un bruit mat, en outre celui caractéristique d'un gros morceau de viande manquant de tomber d'une hauteur modérée sur un carrelage... Il n'eut pas à se faire cette réflexion. En effet la première chose qu'il vit fut un garçon, probablement du même âge, non loin du feu.
- Oh... Voyez-moi désolé si je vous ai surpris. -
Désolé ? Il était plus surpris que désolé, oui. Malgré ses dires, sa voix ne s'était pas faite différente de l'accoutumée; lente et posée, toute en nuance mais légèrement grave. En revanche, une sorte de confusion se démarquait dans son ton. Qu'importe, il s'agissait maintenant prendre une décision. Quelle options s'offraient à lui ? Partir sans prêter plus attention à l'individu ? Entrer, éventuellement travailler et reconsidérer la situation si le type se montrait "collant" ? L'image du professeur lui revint en mémoire... Il n'avait plus vraiment le choix en fait. Ainsi risqua-il quelques pas vers le jeune homme en vue de l'aider à se redresser. |
|  | | Jawan Evary

Inscrit le : 24 Fév 2008 Messages : 19 Humain ou vampire : *tente de cacher les canines* Humain sisi...hum Age du perso : 30 ans (19 d'apparence)
| Sujet: Re: Let my fire (privé Anselm) Dim 9 Mar - 17:50 | |
| Désolé. Oui, surement plus par politesse qu’autre chose, du moins, c’est ce dont était certain Jawan, car sa voix d’exprimait aucune quelconque désolation. Elle n’exprimait rien d’ailleurs, et en cela, le vampire se serait presque cru en train de se parler à lui-même : une voix calme posée et grave, quoique moins monotone que la sienne, qui était, elle, carrément atone. Mais avant même qu’Anselm ne soit arrivé au niveau du vampire, celui-ci était déjà sur patte. Il s’était relevé, d’un geste souple, rapide, très rapide, trop rapide pour l’œil. Aucune maladresse, lourdeur dans son geste, juste un mouvement leste et fluide. Il n’avait pas cherché à le cacher, de toute façon, les humains sont à une heure de la journée où la fatigue leur joue des tours, au pire, Anselm se croirait abusé par ses yeux ou son esprit.
Il jeta un dernier regard au feu qui l’avait pendant de longues minutes envoûté, avant de définitivement détourner les yeux, au risque de passer pour quelqu’un d’étrange –ce que, par ailleurs, il était, mais autant éviter de le montrer. Soit, voilà qui dispensait le baronet de venir aider le blondinet. Mais de toute façon, que les choses soient dites, et heureusement pour Anselm sans doute, Jawan était tout sauf du genre collant. Il était plutôt l’inverse en vérité, toujours détaché des choses et des gens, pas contraignant pour deux sous.
En temps normal, il serait d’ailleurs parti à l’arrivé d’une autre personne. Il ne le fit pas. Il était venu ici pour, entre autre, cottoyer des humains, avec l’espoir sans doute de renouer avec son côté humain à lui. Pour l’instant, ce côté était gentiment endormi, Jawan ne s’émerveillait plus de rien, ne semblait plus touché par rien, à part, justement, lorsqu’il observait d’autres humains. Et en plus de cela, s’il n’était pas extrêmement friand de compagnie, il trouvait encore plus désagréable le fait qu’il y ait quelqu’un d’autre dans son entourage sans qu’aucun des deux ne se parlent. Ca le mettait purement et simplement mal à l’aise.
Alors pas de chance pour Anselm, s’il comptait aller bien gentiment lire dans son coin, il y avait fort à parier que Jaw irait lui adresser la parole, s’il ne décidait pas de battre en retraite vers un autre lieu entre temps. D’un autre côté, si le jeune homme qui venait de faire irruption souhaitait REELLEMENT la tranquilité, il aurait très bien pu aller ailleurs. La bibliothèque par exemple, quoiqu’elle devait être fermée à cette heure-ci. Mais sa chambre, ou même le grenier aurait pu faire l’affaire.
« Ce n’est pas votre faute, c’est moi qui suis inattentif et distrait »
répondit-il, secouant la tête légèrement pour bien signifier qu’Anselm était hors de cause, bien que cela soit, en fait, en partie faux.
Le regard ambré de Jawan glissa lentement jusqu’au livre que tenait Anselm et qui aiguilla sa curiosité. Pendant ses années de solitude, la lecture avait été une précieuse alliée contre le Spleen, et il avait conservé cette habitude par la suite, ca le détendait, et lui permettait de s’évader un instant, lui qui réfléchissait toujours trop à tout, et avant tout à lui. Il chercha désespérément à reconnaître le livre ou à distinguer son titre mais en vain, ce dernier était caché par la main d’Anselm. Voilà donc les yeux mordorés de notre vampire qui remontent vers ceux de son camarade.
« Quel est le livre que vous lisez ? »
demanda-t-il, curieux. Il sourire intérieurement –mais qu’intérieurement- en songeant qu’il passait pour le parfait balourd inélégant à la recherche désespérée d’une bonne occasion pour engager la conversation, car c’est en général par ce genre de phrases passe-partout que ces gens-là abordent les gens. Dans le cas de Jawan, ça n’était même pas cela, la simple curiosité, sauf que ses intérets et les choses stimulant son indiscrétion n’étaient pas forcément les mêmes que les autres.
La liste des points communs entre le jouvenceau et les autres personnes de son age –du moins, son age apparent- était en vérité très courte, voir quasi inexistante. Il ne se sentait pas spécialement exceptionnel, pas particulièrement digne d’intérêt, ni rien, il se sentait juste en discordance avec les autres gens, ce qui faisait de lui une personne esseulées, voir dyssociale.
Se rappelant soudain des convenances, et même si Anselm n’en avait surement cure, il lui tendit une main ferme, tout en lui disant.
« Je manque à la politesse. Je suis Jawan Evary. »
Non, pas de titre, ni rien. Jadis, il en avait eut un, mais officiellement, il était mort, et en renonçant à la vie, il avait renoncé à son titre, auquel il ne portait que peu d’importance et d’attachement au fond, mais ça n’était pas le cas de tout le monde ici. Tout en disant ceci, il s'adonna à son activité favorite, à savoir l'observation. Un humain, était, selon lui, aussi intéressant à regarder de loin, sans qu'il ne sache être surveillé, que de près. On pouvait presque dire qu'il avait une fascination pour la nature humaine, qui s'exprimait de manière tellement différente d'un homme à l'autre.
Détaillant donc de plus pret le jeune homme. L'impression générale qui s'en dégageait était une forme d'austérité et d'ordre, sans nulle doute. A l'inverse de Jawan, sa tenue se basait sur une certaine maitrise de soi et une discipline, alors que la démarche du vampire n'était que fluidité et lascivité. Du reste, il avait un visage doux à l'observation, dont Jawan admira silencieusement les traits, lui au visage si figé. Et son regard s'arrêta finalement sur celui d'Anselm. Les yeux du baronet semblaient eux aussi porteurs d'une certaine dureté. Maintenant, au moins, le vampire était fixé : il n'avait pas à faire à un tendre. |
|  | | Anselm Ledford

Inscrit le : 06 Mar 2008 Messages : 8 Age du perso : 19
| Sujet: Re: Let my fire (privé Anselm) Lun 10 Mar - 0:49 | |
| La porte était à présent derrière lui. Il est étrange comme les choses se transforment suivant l'instant. Cette salle ayant tout du grand salon bourgeois dans la journée présentait ce soir un je-ne-sais-quoi d'absolument lugubre... Qui sait ? La présence de ce jeune homme n'y était peut-être pas étrangère. Anselm aurait bien rit, comme l'on peut rire d'une pique. Pas pour une raison précise mais cette pièce lui rappelait curieusement l'atmosphère, l'univers sordide dans lequel il évoluait. Il s'arrêta net lorsque l'inconnu, avant même qu'il n'ait pris conscience de quoi que ce soit, se ressaisit.
Etaient-ce la fatigue, le jeu des ombres ou encore le fantasme ? Peu importait ce qui lui avait imposé cette vision; une sorte de contorsion... Cette souplesse reptilienne... Il ferma les yeux une seconde, chassa de son esprit cette image et parcourut les quelques mètres qui le séparaient du garçon tandit que celui-ci lui répondait. Bien sûr que non, ne soyez pas désolé [...] Oui, vous avez tout à fait raison [...] Et que je me fais mousser... Ce divertissement auquel s'adonnait les gens de son rang lui avait toujours paru ridicule, mais ces mêmes convenances étaient si bien ancrées dans son éducation qu'il n'hésitait pas à s'y soumettre.
La distance et l'angle de lumière lui permettaient à présent de placer un visage sur la silhouette de l'individu. Son attention fut dès l'abord attirée par ses yeux (pour qui n'aurait-ce pas été le cas ?), sa singulière pigmentation... Et une autre chose qui selon Anselm conférait au personnage une certaine présence. Cette force intérieure, il ne s'agissait pas d'une expression complexe et étudiée comme celle de son père ou parfois la sienne, non, mais de bien plus naturel et libre, d'infiniment plus intense. Aussi cilla-t-il brièvement lorsque leur regards se croisèrent.
Livre ? Ah oui, le livre... Le fils Ledford était vaguement surpris que cette question lui soit posée. En effet les tentatives d'approches -puisque c'en était en quelque sorte une- de l'animal étaient plutôt rares, tout avenant qu'il est. Mais si l'autre tenait à ouvrir un dialogue autour des bienfaits du Saint de Limerick, il y aurait fort à parier qu'il ne reste pas plus longtemps, prétextant une soudaine fatigue. Sa réflexion lui ayant semblé moins longue qu'elle ne le fut en réalité, une main se présenta à lui avant qu'il n'ait pu répondre à son interlocuteur. Lui aussi aurait presque omis cette marche des négociations. Cette main trop pâle et trop lisse, comme taillée dans l'albâtre le porta à reconsidérer sans vraiment insister ses traits, sa peau. Non. Définitivement non, une chose lui échappait. Le brun n'aurait su quoi dire à ce propos ni même expliquer ce qui le dérangeait, parce que oui, le physique de l'homme le mettait mal à l'aise. Cela n'avait a priori pas de lien direct avec sa... Beauté ? Certes il l'était, on ne pouvait le nier. Mais cet éclat terriblement neutre, ce côté si propre, si pur, ce sentiment global de perfection, ou plutôt d'ébauche s'il en est une, lui apparaissaient comme incohérents. Oui, lui pouvait y ressentir une sorte de discordance mais impossible de mettre la main sur l'élément clé. Et l'inexplicable allure de cet être éveillait en lui une méfiance viscérale qu'il ne comprenait pas plus que le reste... C'en était presque effrayant. Mais comment interpréter le point de vue d'Anselm Ledford, original parmi les originaux, dans la conscience collective occidentale ?
Tout juste eut-il exercé une pression contre la paume dudit Jawan qu'il desserra sa poignée et dut faire un effort pour ne pas retirer brusquement sa main. Jamais il n'en avait serré d'aussi sèche... Et froide, bien plus froide qu'étaient les siennes, ce qui expliquait la fréquente présence de gants.
- Sir Anselm Ledford. - fit-il sans cérémonie.
Courtes présentations donc, puis s'en suivi un silence. Un silence suffisamment long pour clairement indisposer le nobliau. L'attitude qu'il avait employé ne semblait pas avoir eu de grand pouvoir dissuasif à en constater le regard fixe de son vis-à-vis et se sentir dévisagé de la sorte eut tôt fait de l'insupporter... Mais maintenant qu'il y songeait, il avait bien relevé l'étrangeté du personnage chez d'autres, en outre chez un de ceux qui partageaient sa chambre, cela dit il s'agissait d'une toute autre mesure.
Enfin la scène n'avait que trop duré. Anselm recula d'un pas et fit mine de rechercher une lampe dont la mèche ne se serait pas encore éteinte. Aussi lâcha-t-il quelques mots d'une voix traînante.
- Le sermon de Saint Sylvain, une recommandation du Sir Desmond... Mais à titre personnel je ne le vous conseille pas. - Il marqua une pause puis reprit. - Je... Compte l'étudier ici, enfin je n'ai guère le choix. J'espère que ma présence ne vous dérange pas. -
Tant que Jawan ne lui jetait plus de ces regards peu lui importait s'il dérangeait ou pas, pas plus que d'être vu en marginal indélicat qu'il est. |
|  | | Jawan Evary

Inscrit le : 24 Fév 2008 Messages : 19 Humain ou vampire : *tente de cacher les canines* Humain sisi...hum Age du perso : 30 ans (19 d'apparence)
| Sujet: Re: Let my fire (privé Anselm) Dim 16 Mar - 23:29 | |
| (Mes excuses pour le délai de réponse, dure semaine)
Là, le message était plus que clair : je compte m’installer ici, mais votre présence n’étant pas désirée, il serait fort aimable de votre part de vous mettre dans un coin et de vous fondre dans le décor. Ce que Jawan aurait très volontiers fait, n’étant pas de nature encombrante, mais voilà, il en fut décidé autrement.
« Vous ne me dérangez pas » répondit-il, songeant que si quelqu’un dérangeait quelqu’un, de toute évidence, c’était plutôt lui le gêneur…
Le vampire l’observa en train de s’éloigner, visiblement à la recherche d’un peu d’éclairage. De son côté, il retourna prêt du feu, et y posa son regard calme et inexpressif. Il profita du fait qu’Anselm soit occupé pour continuer à l’observer sous toutes les coutures. C’était un peu malgré lui et les convenances, il aimait cela, observer les autres, en particulier les humains. Il s’amusait, s’attendrissait et s’émerveillait d’un rien chez eux, car tout lui semblait plus humain justement. Son regard se promena tranquillement et sans gêne sur la chevelure, le visage –à demi-caché puisqu’il lui faisait dos- et le corps d’Anselm. Mais un détail attira son attention plus que les autres. Un détail pourtant bien camoufflé, entre deux mèches de cheveux ébènes. Mais ça n’était pas deux trois cheveux qui arrêteraient la vision trop fine du vampire. A l’instant même où ses yeux rencontrèrent ce fameux détail, une veine, l’évidence sembla exploser dans son esprit : soif, il avait soif.
C’était une faute que commettait souvent les « jeunes vampires ». Bon, Jawan n’était pas si jeune que cela à bien y réfléchir, mais proportionnellement à d’autres, il était encore considéré comme un novice. Et il faisait des fautes de novice, comme celle de ses surestimer, ou celle de mésestimer le pouvoir attractif des humains. Jawan en subissait justement le contre-coup présentement. Preuve en était, à la distance où il était d’Anselm, lorsqu’il levait les yeux vers le jeune homme, la seule chose qu’il parvenait à voir était la veine de son cou où il voyait presque pulser le sang. Jaw fronça les sourcils, se forçant à se concentrer sur autre chose. Mais sur quoi ?
Obéissant presque plus à son instinct qu’à sa tête, Jawan sentit ses jambes se mettre en marche, et partir très précisemment en direction du jeune homme aventureux. En quelques secondes à peine, il s’était retrouvé derrière lui. Avait-il encore fait appel à sa vélocité inhumaine ? Non, ou du moins, pas qu’il sache, mais la pièce n’était pas si grande que cela. Arrivé à « bon port », il ouvrit la bouche, et resta ainsi, en suspens. Deux choix s’offraient à lui : plonger droit dans le cou du jeune homme, ou dire quelque chose qui justifierait cette soudaine proximité. Hésitation. Non, non il ne devait pas, il s’était promis de… Rah vite, trouver quelque chose à dire. Son cerveau se mit à turbiner à toute vitesse, vu que le sir Evary n’était pas un expert des grands discours ou de la discussion.
« Vous ne trouvez pas cela un peu risqué d’arpenter le manoir à une telle heure ? De mauvaises rumeurs courrent à propos des fréquentations des lieux si l’on s’y promène tardivement »
Il n’avait pas trouvé mieux, vraiment pas. Qu’espérait-il en disant cela ? Faire peur à Anselm pour que celui-ci ne se ravise et n’aille se réfugier dans sa chambre –où il ne serait pas plus en sécurité, mais au moins Jawan aurait la conscience libre- ou simplement détourner son esprit de cette vilaine veine qui le narguait, et ce en s’occupant à autre chose, et en l’occurrence à une discussion futile et inutile. Le sir allait surement le trouver ennuyeux, gêneur, et encombrant. Mais c’était ça ou avoir une sangsue collée dans la nuque dans moins de 2 minutes. Et, au fond, s’il le trouvait si gêneur que cela, il allait peut être se décider à prendre le large et à aller lire ailleurs, ce qui arrangerait bien Jawan.
En attendant sa réponse, ou sa réaction, il ne parvenait pas à décoller son regard ambré de ce vaisseau sanguin un peu trop voyant à son gout. Il devait être encore plus troublant qu’auparavant, puisque ça n’était plus Anselm qu’il observait mais cette unique partie de son corps. Et autant dire que son regard n’était ni bienveillant ni doux, mais plutôt vorace. Il était, en même temps, très peu discret, et si Anselm avait été un chasseur de vampire, s’il avait encore des doutes, maintenant l’incertitude n’était plus possible. Jawan adoptait un comportement trop anormal, et toute personne normalement constituée aurait ne serait-ce qu’un minimum peur en voyant quelqu’un presque en…transe, oui c’était le mot. Avec un tel air carnassier et un pareil regard, il passait soit pour un genre de nymphomane –fortement fétichiste des cous alors- soit pour un psychopathe pur et dur, soit pour un cannibale. La mauvaise nouvelle étant qu’il était pour ainsi dire un mélange des trois.
Au bout de longue minute de contemplation –dévoration visuelle étant le mot exact- il dut enfin réaliser l’étrangeté de la scène, et forçant son regard à se détourner, il prit pour cible oculaire le livre d’Anselm, dont il n’avait, pour tout dire, plus rien à faire.
« Je hum… il n’est pas intéressant ? »
Allusion au livre, bien sur. Brutal changement de conversation, brutal, mais surtout étrange. S’il avait espéré passer pour quelqu’un de normal, alors c’était raté, et le jeune vampire s’enfonçait toujours un peu plus dans sa bizarrerie, enchainnant les bourdes et les attitudes anormales. Si, avec tout ça, Anselm avait encore le maigre sentiment d’être en sécurité dans la même pièce que le grand blond, alors il était lui-même psychologiquement atteint. Et s’il ne prenait pas la fuite rapidement, alors il était soit aveugle, soit très douteux lui aussi. |
|  | | Anselm Ledford

Inscrit le : 06 Mar 2008 Messages : 8 Age du perso : 19
| Sujet: Re: Let my fire (privé Anselm) Ven 21 Mar - 0:50 | |
| (Aucun problème, c'aurait aussi pu être plus rapide de mon côté.)
A la bonne heure, il ne dérangeait pas. De toute manière, qu'aurait-il pu répondre d'autre ? Les moeurs sclérosaient les rapports, les vidaient de tout leur sens profond et imposaient l'hypocrisie comme mot d'ordre. Oui, l'éducation de la fine fleur britannique rendait les contacts humains encore plus difficiles qu'ils ne l'étaient. Comme s'ils n'étaient déjà pas suffisamment complexes...
Le garçon ne répondit pas, la discussion était close. Après avoir balayé la pièce d'un autre regard, il dut bien conclure que non, aucune source de lumière autre que celle de la cheminée n'éclairait la pièce. Le dénommé Evary avait regagné sa place initiale et il crut entrevoir que son regard était dirigé vers lui. Quelle curieuse manie de fixer ainsi les gens. Curieuse et assez indisposante, surtout indisposante. Il voulut hausser les épaules. Tout le monde avait ses lubies après tout. Où en était-il déjà ? Voilà... Ses pensées se refocalisèrent sur la situation, en outre le travail qu'il n'avait toujours pas commencé. Quand bien même ses yeux s'étaient habitués à la pénombre, lire d'aussi petits caractères avec cette luminosité relevait de l'impossible. On pouvait aisément supposer que parcourir en large et en travers le manoir à la recherche d'un de ces bons à rien pour rallumer quelques lampes (et au risque de se perdre une nouvelle fois) ne lui faisait pas vraiment envie. En dernier recours, il pouvait toujours opter pour la chambre mais cette option incluait nécessairement la vision d'une paire de lardons empiéter allégrement sur son espace vital.
Une décision à prendre. Entre l'irrespirable présence de ses compagnons de chambrée, la quête d'un nouvel habitat provisoire et une nouvelle expédition dans le bâtiment, le brun n'eut pas à cogiter trop longtemps pour se décider... A moins qu'il délaisse la tâche qui lui incombait en assumant les conséquences, à savoir un lynchage professoral, et ce qui après plus ample réflexion se révelait moins déplaisant que les alternatives proposées.
Non, c'était tout réfléchit. Il n'en ficherait pas une ce soir et... Un frisson l'extirpa de son dialogue intérieur. Pourtant le fils Ledford n'avait pas particulièrement froid. Enfin si, mais ce n'était pas une sensation générale. Juste contre sa nuque, un souffle glacial. Il tourna d'abord la tête puis le reste du corps avant de faire un ou deux pas en arrière. Jawan, le blond étrange lui faisait face, statique, et proche, trop même. Quand elle n'était pas planifiée, la proximité (toute relative, certes) éveillait encore et toujours chez lui une vague sensation amère, un mélange de trouble, d'animosité et parfois même d'angoisse. Une fois l'intrus hors champ, il le considéra pour comprendre cette soudaine approche. Il ne put s'empêcher avant cela de remarquer une chose; le bougre le dépassait de quelques centimètres. Anselm, pourtant doté d'une taille honorable, en ressentit à son encontre une vague jalousie... Mais là n'était pas l'heure à ce genre d'égards, en plus le grand se résolut à parler.
... Et Anselm demeura coi une poignée de seconde avant de laisser s'échapper un rire discret. Un rire singulier, distingué et plutôt inquiétant, le sien. S'il s'était attendu à une chose pareille... Nerveux ? Du tout. Surpris ? Certainement, une nouvelle fois -décidément, cette soirée était pleine de surprises. Il n'avait rien entendu d'aussi grotesque depuis longtemps mais était-ce maladroit ?
- Eh bien... Je ne connaissais pas l'humour irlandais ainsi. -
Oui, mieux valait le prendre au second degré. D'ailleurs il n'y avait pas trente-six manières de prendre la chose. Ca ne serait sûrement pas à Istravel qu'il se ferait agresser par un coupe-jarret... Ou quiconque. L'expression à peu près sincère, ou plutôt moins distante, présente sur son visage eut tôt fait de se dissiper. La raison de sa venue ici n'étant plus, le garçon projetait déjà une promenade nocturne dans le jardin à la française, histoire d'écourter sa nuit d'une heure ou deux, 'toujours ça de gagné. Il pourrait également rester là mais se sentir en présence ne lui était pas d'ordinaire agréable. Ne restait qu'à annoncer son départ, blabla d'usage, et à tourner les talons.
De son côté, le blond au teint d'anémié n'avait pas fait un geste, son regard s'était fait plus insistant encore. Anselm lui-même le trouva... Intrigant, plus encore qu'à la première impression, mais intrigant n'était pas le mot. Peu importe, le seul intérêt était de savoir ce qui se passait entre ses deux oreilles. Plus défensif qu'à l'accoutumée, il fronça sensiblement les sourcils. Cette fois-ci, humour ou pas ça n'était amusant que pour lui. Il suivit le regard de son vis-à-vis et lorsque ce dernier l'interrogea, porta distraitement une main à son cou, espérant sentir au toucher ou voir sur sa paume quelque chose qui justifierait partiellement son comportement mais non, rien de tout cela.
Le livre. Oui, encore, mais pourquoi ? Le brun hésita l'espace d'une seconde à le lui coller entre les mains, il aurait alors tout le loisir de trouver réponses à ses questions.
- Non. - lança-t-il sèchement au terme d'un assez long silence.
Sauf si ce monsieur était un grand bibliophage de bondieuseries, là oui il y trouverait son compte... Enfin la situation était tout de même peu commune, presque surréaliste par certains aspects; ce grand type étrange, sa manie de fixer ce qui l'entourait jusqu'à la conjonctivite, et puis ce dialogue vide de sens, le malaise ambiant et croissant aussi (du moins pour Anselm)... L'envie de brûler la politesse lui avait bien frôlé l'esprit oui, mais il ne pouvait se résoudre à filer, pas comme ça.
- Il se fait tard. Sans doute vais-je remettre ma lecture à plus tard... - Hésitant, il ajouta. - Y a-t-il un problème ? -
Et son fort intérieur lui hurlait qu'il aurait bien mieux fait de ne rien ajouter du tout. |
|  | | Jawan Evary

Inscrit le : 24 Fév 2008 Messages : 19 Humain ou vampire : *tente de cacher les canines* Humain sisi...hum Age du perso : 30 ans (19 d'apparence)
| Sujet: Re: Let my fire (privé Anselm) Jeu 10 Avr - 1:24 | |
| Naturellement, Anselm ne le prenait pas au sérieux. C’était en vérité assez prévisible, personne ne croyait aux légendes, Jawan non plus ne croyait pas au légende, puisqu’il savait que les vampires n’en étaient pas une. A l’époque, lorsqu’il était encore innocent et inconscient, avant que les vampires ne tuent ses parents, lui non plus n’auraient jamais cru à de telles histoires. Il en aurait sans doute ri également. Les gens qui croyaient aux vampires et qui le clamaient étaient en général considérés comme des fous, et c’est très précisemment l’image que devait dégager Jawan pour Anselm à ce moment là. Ou peut être pas, peut être passait-il simplement pour quelqu’un avec un humour très particulier, et d’un gout douteux.
En fait, il était à deux doigts de faire un large sourire à Anselm, afin de lui dévoiler les deux crocs qui lui servaient de canines. Mais il ne le fit pas. Il n’était pas fou. Pas totalement sain d’esprit non plus, mais pas fou. Il ne pouvait pas se trahir. Entre la survie d’un jeune humain inconnu, dont il ignorait tout, et celle des siens, et la sienne en particulier, il avait tôt fait de choisir. Même s’il n’était à proprement parlé pas comme les autres de son espèce, il avait l’esprit d’entraide, et ne trahirait jamais un semblable, quite à sacrifier un humain pour cela.
Jawan soupira doucement. Bien sur, ce n’était pas comme s’il s’attendait REELLEMENT à le convaincre ou à l’effrayer en lançant cette phrase, comme cela, en passant, mais de toute évidence, cela l’aurait arrangé. Tant pis, il ferait sans.
« Moi non plus… » murmura-t-il simplement. Phrase qui devait être totalement dépourvue de sens du point de vue du baronet. Pour Jaw, c’était plus que clair : il ne s’agissait pas d’humour, pas plus irlandais que russe que chinois qu’amérindien.
Complètement ignorant des projets de départ d’Anselm, qui n’auraient fait que le réjouir vu la situation par ailleurs, il plongea à nouveau dans sa contemplation hypnotique du jeune humain qui, Jaw s’en rendait bien compte, se sentait de plus en plus mal à l’aise placés sous les projecteurs de ses deux yeux trop fixes et trop insistants. Qui ne l’aurait pas été à sa place ?
Il n’écouta que d’une oreille inattentive la réponse à la question qu’il avait posé, plus par nécessité que par intérêt cette fois-ci. Le ton avait été brusque, la voix abrupte, mais à part faire preuve d’austérité, il n’avait pas encore été capable de quitter les lieux. Jawan non plus, en vérité, mais lui était le chasseur, pas le chassé. Et le chassé, malgré l’ambiance sinistre qui régnait ici, et qui de toute évidence émanait du vampire, était toujours à porter de main, et surtout de crocs de l’élément potentiellement dangereux.
Anselm prit la parole, une nouvelle fois, sa phrase signifiant clairement qu’il comptait prendre congé. Grande nouvelle, merveilleuse nouvelle pour lui, mais pourquoi était-il encore ici alors ? Comment ? Il demandait s’il y avait un problème ? Jawan voulut répondre un simple « non aucun », ainsi, le Dandy s’en serait contenté, et aurait disparu de sa vue, avec son sang trop odorant, avec sa veine trop palpitante, et tout le reste. Mais tout ne se passe pas toujours comme il se doit, et l’Irlandais bloqua, littéralement. Il ouvrit la bouche, prêt à répondre, mais ses yeux jaunes s’arrêtèrent une nouvelle fois sur cette fichue jugulaire qui ne cessait de le narguer de manière effrontée. Son cerveau lui ordonnait en vain de répondre ce fameux « non aucun », mais lui se contentait d’être captivé par la nuque du jeune homme.
« Oui, vous »
La réponse avait fusé, telle qu’elle, sans quelqu’essai que ce soit de dissimuler la chose. Jawan ne réalisa pas de suite avoir ainsi déversé ce qui lui traversait l’esprit. Il pensait s’être contenté de l’avoir en tête, et il sursauta presque en entendant le propre son de sa voix, comme s’il l’entendait de l’extérieur, en personnage externe à la conversation. Prenant conscience de sa gaucherie, il sortir de sa transe, et marmonna un vague.
« Heum… excusez moi, j’étais ailleurs… Aucun, il n’y a aucun problème »
Sur un ton d’excuse. Mais bien rapidement, son regard se fixa à nouveau au même endroit, comme un aimant qui retournerait éternellement au même endroit, si bien que son « aucun problème » n’avait plus une once de crédibilité. Avec son regard de fauve à l’affut, fauve affamé qui plus est, il était à peu près tout sauf rassurant.
Jawan se réconforta en se disant que dans tous les cas, après avoir dit une chose aussi impolie, voir outrageuse, les chances qu’Anselm persiste à vouloir rester dans cette pièce étaient tout de même bien maigres, voir inexistantes. En tout cas, quelqu’un de normal, après ceci, n’aurait qu’une envie : celle de fuir cet individu à la limite de la grossièreté.
Et si ça n’avait pas l’effet escompté et bien… et bien il finirait surement par lui sauter à la gorge. Un autre vampire l’aurait sans doute déjà fait, et n’aurait pas fait tout un plat de la survie d’un parfait inconnu. En un sens, Anselm avait de la chance d’être tombé sur Jaw. Bien sur, ça n’était pas exactement ce qu’il devait se dire à l’instant même, et il devait au contraire se demander ce que les puissances occultes pouvaient bien lui vouloir pour lui coller un déluré pareil. Et ça n’était surement pas Jawan qui allait souligner cette fameuse chance, puisque cela signifierait dévoiler son identité.
Le blond était de plus en plus mal à l’aise, presque plus qu’Anselm lui-même, et ça, c’était le comble pour toute personne spectatrice, qui n’aurait pas été en possession de tous les éléments pour bien comprendre la scène. Il parvint, avec difficulté, à arracher son regard d’Anselm, et il choisit de le poser sur la cheminée, car c’était la seule chose qui lui paraissait suffisamment digne d’intérêt pour ne pas faire trop suspect –bien qu’à ce stade, suspect, il l’était déjà, et pas qu’un peu. Il ne serait guère étonné de recevoir la visite d’un exorciste le lendemain sur recommandation du sir Anselm.
« Hum… vous vous apprétiez à… je crois »
Phrase incomplète, décousue, impossible de passer à côté du malaise du jeune homme. Avec son teint de cadavre et ses gestes nerveux et trop vifs, on pourrait presque lui deviner une fièvre inexistante. Mais les gens fièvreux ne dévorent pas les autres personnes du regard jusqu’à preuve du contraire…. |
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